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70 ans après, les excuses de Mitsubishi aux prisonniers de guerre

70 ans après, les excuses de Mitsubishi aux prisonniers de guerre
21/07/2015

Dimanche à Los Angeles, Le Centre Simon Wiesenthal dédié à l’Holocauste accueillait une rencontre entre Hikaru Kimura et James Murphy. Le Japonais a présenté à l’Américain de 94 ans les excuses officielles de Mitsubishi aux prisonniers de guerre américains forcés de travailler dans les mines de l’industriel durant la seconde guerre mondiale.

Face à la pénurie de main d’oeuvre durant la seconde guerre mondiale, l’Empire Japonais usa des travaux forcés pour quelques 12 000 prisonniers de guerre américains. Au moins 1 100 y ont perdu la vie. Pour autant, le Japon a tardé à présenter ses excuses pour les traitements inhumains infligés aux soldats américains (mais aussi anglais, canadiens, australiens, indiens, néo-zélandais, norvégiens, tchèques, jamaïcains…) Le film d’Anjolina Jolie « Invincible » a tenté de montrer, en 2014, les horreurs peu connues chez nous de cette partie-là de la guerre.

Mieux vaut tard que jamais ?

Face à l’un des derniers vétérans des travaux forcés au Japon, James Murphy, Hikaru Kimura a présenté des « excuses pleines de remords » de la part de son employeur et à l’aide d’un traducteur. Nul doute qu’il eut été préférable que le PDG du groupe Mitsubishi, Takashi Nishioka, fasse lui-même le déplacement…

Néanmoins le discours a semblé sincère : « Depuis que la guerre s’est achevée il y a 70 ans, les prisonniers de guerre ayant travaillé pour ces compagnies japonaises ont demandé quelques chose de très simple, ils ont demandé des excuses… » Un autre responsable du groupe japonais, Yukio Okamoto a ajouté : « Nous devons aussi nous excuser de ne pas avoir présenté nos excuses plus tôt… »

Le Japon a attendu 2010

Pour avoir eu recours à ces abominables travaux forcés sous l'ère Meiji, le Japon n’a présenté ses excuses qu’en 2010. Du bout des lèvres ? En avril dernier, le premier ministre conservateur japonais Shinzo Abe avait minutieusement choisi ses mots en s’exprimant devant le Congrès à Washington, présentant des condoléances aux familles de soldats, sans mentionner les travaux forcés.

L’unesco a avancé le chiffre total de 35 000 prisonniers dont 7 000 moururent rien que durant le voyage vers le Japon à bord des « Bateaux de l’Enfer ». Des survivants, 25% sont morts dès le premier mois de travaux forcés, notamment dans les mines des géants industriels d’alors qu’étaient Mitsui, Mitsubishi, Sumitomo, Aso Group, Ube industries, Tokai Carbon, Nippon Coke & Engineering, Nippon Steel & Sumitomo Metal Corporation, Furukawa Company Group et Denka. Des piliers de l’industrie japonaise qui existent toujours même si les structures juridiques et directions ont changé.

Avec AP


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Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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