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Crispation autour d’un macaron S

Crispation autour d’un macaron S
27/01/2016

Depuis quelques jours, le débat public s’enflamme autour de l’idée venue d'une association d’un macaron S pour les conducteurs de plus de 75 ans. Face à la crispation ambiante, rappelons qu’il s’agit d’une initiative basée sur le volontariat.

L’association Signal Senior a proposé ces derniers jours un macaron S afin de signaler aux usagers de la route un automobiliste de 75 ans ou plus. Une initiative dont est à l’origine Gilles Renard. Ce dernier a fait le constat que certains conducteurs et/ou leurs familles étaient demandeurs d’une solution permettant de se sentir « rassurés ». Comparant son macaron au « A » des jeunes conducteurs, Gilles Renard y voit le moyen pour les autres usagers de la route d’identifier les seniors au volant et déclencher ainsi un surcroit de vigilance.

Pas question de l’imposer !

Depuis lundi, l’opération de comm’ du macaron S bat son plein. Pas un média (ou presque) n’a fait l’impasse. Cependant, il apparait que le sujet est maladroitement résumé à une question qui rejoint le marronnier de la conduite des seniors : Faut-il le généraliser ? Une question posée par Le Télégramme ou RMC mais qui n’est pas posée par Signal Senior qui insiste sur le caractère volontaire de l’initiative. Vendu 4 euros, le macaron a vocation à rassurer les proches ou les conducteurs qui s’estiment être moins agiles qu’auparavant. Peut-on alors parler de « discrimination » dans ce cas-là ? L’association milite au contraire pour le maintien de cette autonomie, cette liberté qu’est la conduite et s’oppose à l’interdiction bête « à tous nos ainés de conduire ou de passer je ne sais quel examen médical » comme il est écrit sur son site.

Les seniors au volant, un défi pour demain

En France, 16% des automobilistes ont 65 ou plus. Une proportion qui va s’accroître dans les années à venir du fait du vieillissement de la génération baby-boom d’après-guerre. Et s’il n’y a pas de surmortalité routière particulière selon les données de la Sécurité Routière, leurs accidents génèrent davantage de blessures et de blessures graves du fait de corps plus fragiles par rapport au reste de la population. Pour autant, quel recours existe-t-il aujourd’hui pour empêcher une personne malade ou physiquement incapable de conduire (senior ou pas) ? Aucun en France.

Par contre, de nombreux pays voisins ont légiféré sur la question. Par exemple en Suisse, les plus de 70 ans doivent faire valider leurs aptitudes à la conduite tous les 2 ans auprès d’un médecin-conseil (qui n’est pas le médecin de famille) et qui n’hésitera pas à demander une « course de contrôle » où les examinateurs tâcheront de déceler d’éventuels problèmes liés au diabète ou les maladies neuropsychiatriques type Alzheimer. Est-il possible d’adapter ce type d’examen à un pays comme la France où un quart de la population a d’ores et déjà plus de 60 ans avant même de poser la question de son intérêt ?

Le macaron S est une initiative qui va dans le bon sens et qui mérite considération au-delà d’un futile débat de généralisation obligatoire.


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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