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Donald Trump peut-il taxer à 35% une BMW made in Mexico ?

Donald Trump peut-il taxer à 35% une BMW made in Mexico ?
17/01/2017

Le président élu Donald Trump n’a pas attendu d’être officiellement « in charge » pour ruer dans les brancards. En quelques semaines, le futur président américain a menacé General Motors et Toyota de taxes douanières. BMW pourrait même se voir imposer une taxe de 35% à chaque modèle fabriqué au Mexique importé aux États-Unis. Est-ce seulement possible ?

C’est mon avis, Donald Trump n’est pas totalement l’idiot raciste et sexiste bien souvent présenté. Je pense qu’il est plus intelligent que cela et qu’il a surtout l’habilité de caresser dans le sens du poil une partie de l’électorat et surtout ceux qui sont désabusés de la politique. Pour résumer, Donald Trump est un populiste. Il promet beaucoup (trop), sur des considérations qui sont souvent hors de son champ de compétences. Une fuite en avant qu’il sera difficile d’assumer dans 4 ans.

Protectionnisme

Les États-Unis offrent parfois des contrastes saisissants. Pays libéral en son sein, il fait parfois preuve d’un protectionnisme étonnant dès qu’il se tourne vers l’extérieur. Le président élu (qui sera in charge vendredi 20 janvier) en a donné un nouvel exemple ces derniers temps sur la question automobile. Après General Motors et Toyota, c’est BMW qui s’est retrouvé menacé d’une taxe de 35% pour chaque modèle importé aux États-Unis depuis le Mexique, puisque BMW envisage un investissement de 2,2 milliards de dollars afin d'y produire 150 000 véhicules par an à destination du monde entier. Un discours qui sonne formidablement « make America great again » mais qui témoigne d’une méconnaissance des règles du commerce international.

Que disent l’OMC de l’ALENA ?

Comme partout, les droits de douanes existent. Pour autant, ils sont règlementés par un accord général sur la question au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce, la fameuse OMC dont les États-Unis sont membres comme 163 autres pays. Cet accord prévoit une tarification précise pour chaque type de véhicule importé. De 2,5% à 25%. Du coup, une taxe de 35% viole cet accord, mais également ceux de l’ALENA, l’Accord de Libre Échange Nord-Américain. BMW (comme les autres constructeurs) aurait alors tout loisir de saisir les tribunaux de l’OMC et de l’ALENA et gagnerait très certainement.

Et s’il s’en fiche ?

Sauf que Donald Trump apparait comme imprévisible sur de nombreux sujets. Afin de tenir parole et taxer à 35% chaque BMW importée du Mexique, le président américain pourrait tout simplement estimer que l’OMC et l’ALENA n’ont pas à dicter quoique se soit aux États-Unis et ré-écrire la loi au congrès ou même avec un décret présidentiel. Les constructeurs automobiles pourraient toujours plaider devant l’intransigeance américaine, quitte à générer des tensions qui n’ont rien de bon pour les affaires.

Rappelons que BMW possède une usine aux États-Unis depuis 1996. Le site de Spartanburg (en Caroline du Sud) emploie directement près de 9 000 personnes et a produit 450 000 véhicules en 2016. Des véhicules vendus dans le monde entier… 


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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