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Et si c’était vous qui décidiez de la sécurité routière ?

Et si c’était vous qui décidiez de la sécurité routière ?
12/04/2018

L’épais tissu de radars automatiques, la limitation de vitesse qui passe à 80 km/h sur une partie du réseau secondaire… la politique de sécurité routière cristallise beaucoup de rancœur auprès des Français. Alors question : Et si c’était vous qui décidiez ?

Baisser les limitations de vitesse de 90 à 80 km/h sur une partie du réseau secondaire est une mesure qui requiert près de 75% d’insatisfaction auprès des Français dans la plupart des études d’opinion sur le sujet, surtout dans un contexte où de nombreux français voient dans le dispositif de radars automatiques une forme d’impôt indirect. D’ailleurs, il a été rapporté fin mars par l’ACA que les automobilistes français ont contribué aux recettes de l’Etat à hauteur de 67 milliards d’euros sous la forme de taxes, notamment pétrolières, rien qu'en 2017 ! Qu’importe, la mesure entrera en vigueur le 1er juillet. Trop punitive et trop axée sur la fiscalité, la politique de sécurité routière serait-elle différente si nous la décidions ? C’est qu’a cherché à savoir le sondage « Vous président : Vos mesures de sécurité routière ? » réalisée à la demande de Mon Auto Assure auprès de 1 287 personnes interrogées par téléphone et Google Form entre le 15 et le 31 mars.

Formation et amélioration du réseau

C’était prévisible mais à la répression, il semble que nous préférions la prévention. Une prévention qui passe dans un premier temps par la formation. 85% des interrogés voient d’un bon œil la mise en place de stages gratuits afin de mieux appréhender les conditions climatiques spécifiques comme la pluie, le verglas et la neige. 84% sont d’accord avec l’idée d’un examen médical pour les plus de 65 ans. 82% souhaitent un système de mise à niveau. Pour résumer, il apparait évident pour une très grande majorité des sondés que l’on ne peut plus se satisfaire d’avoir son permis au début de sa vie d’adulte et ne pas avoir de formation contenue tout au long de sa carrière d’automobiliste. Pour autant, des stages de mise à niveau existent (au-delà de la récupération de points). Oui mais ils sont payants. Cela suffit à être dissuasif ou y aurait-il également un peu de paresse et de suffisance ?

Dans un second temps, les personnes qui se sont exprimées soulignent la nécessité d’entretien des infrastructures routières. 92% citent l’amélioration du réseau. Il faut dire que ces dernières années, la France (leader jusqu'en 2011) est tombée au 7e rang mondial en 2015 pour la qualité des routes d’après une étude du Forum Economique Mondial. D’après l’association 40 millions d’automobilistes, 47% des accidents sont au moins en partie imputables à un mauvais entretien du réseau… Les nids de poule en tête. Par ailleurs, 89% demandent l’augmentation du nombre de rambardes de protection pour les conducteurs de deux-roues. Dans une moindre mesure, ils sont également 69% à demander davantage de pistes cyclables et 72% à considérer l’utilité d’un feu de type "compte à rebours". A l’inverse, il y a une forme de désaveu pour l’autobahn puisque seulement 55% des sondés estiment qu’il faudrait imiter l’Allemagne avec ses portions d’autoroute sans limitation de vitesse.

Trop de répression ?

Si les personnes interrogées se montrent positifs à l’égard de nombreuses mesures de prévention routière, ils le sont un peu moins sur le volet répression. On peut néanmoins voir dans les 59% de sondés favorables à vouloir réduire le nombre de radars une forme d’acception du dispositif. Surtout, on voit une forme d’intransigeance avec l’alcool au volant : 52% verraient favorablement l’instauration d’une tolérance 0 associée à un éthylotest antidémarrage (65%). Ils sont par ailleurs 67% à être favorables à la suspension du permis de conduire si l’usage du téléphone au volant est accompagné d’une autre sanction.

Qui paye ?

Prévention, formation et amélioration des routes sont les 3 grandes thématiques qui accompagnent l’avis des personnes interrogées. Cependant, il convient de remarquer que ces mesures seraient très couteuses. Outre les stages de perfectionnement gratuits (donc payés par le contribuable) se pose la question du financement de l’amélioration et de l’entretien du réseau. Si la France est tombée à la 7e place du classement mondial du genre, ce n’est pas un hasard mais la conséquence d’une volonté politique de transférer (depuis 2012) l’entretien des routes de l’état au niveau des communes et conseils départementaux dans un contexte de baisses de dotations de l’état. Ainsi, les nids de poule (notamment) se multiplient, faute de crédits suffisants affectés à l’entretien des routes. Semble-t-il que la baisse à 80 km/h n’est que le seul levier politique possible pour contribuer à faire baisser la mortalité routière sans avoir à creuser la dette du pays. Autrement dit, il faut se faire à l’idée que la qualité du réseau routier en France n’est prête de s’améliorer mais devrait plutôt continuer à se dégrader. Ce n’est pas si les routes étaient les artères de l’économie du pays…

Source : mon auto assure


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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