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Le chinois Great Wall veut mettre la main sur Jeep

Le chinois Great Wall veut mettre la main sur Jeep
23/08/2017

Malgré leur succès sur leur marché intérieur, les constructeurs chinois peinent à exporter leurs véhicules. Pour pénétrer le marché américain, le spécialiste chinois des SUV Great Wall Motors ambitionne d’acquérir la marque Jeep à Fiat Chrysler Automobiles.

L’appétit des sociétés chinoises pour les marques occidentales n’est plus à démontrer. Sept ans après avoir vu Geely acquérir Volvo, l’intérêt exprimé par le Wang Fengying, le PDG de Great Wall, pour Jeep est une nouvelle démonstration des ambitions internationales des constructeurs chinois.

Cibler Jeep fait sens pour l’entreprise chinoise. Également spécialisée dans les SUV, la marque est non seulement iconique sur le marché chinois, où ses ventes restent confidentielles en raison de droits de douane dissuasifs, mais elle affiche également de nouvelles ambitions en dehors des Etats-Unis. Boucler cette acquisition permettrait au 7ème constructeur chinois de continuer sa montée en gamme sur son marché national tout en dopant ses ambitions sur le marché américain.

Réussir à vendre ses véhicules aux USA est un élément central de l’ambition de Great Wall de devenir le “plus grand constructeur mondial de SUV”. L’entreprise dispose déjà d’infrastructures de recherche et développement à Los Angeles et Detroit et réfléchit à la possibilité d’y construire une usine d’assemblage plutôt qu’au Mexique afin de se mettre à l’abri d’une renégociation par le président Trump du traité de libre échange NAFTA.

Si l’idée est séduisante pour le constructeur chinois, il reste à savoir si elle est réalisable. Le spin-off de FCA des marques Jeep et Ram pour les abriter dans des sociétés indépendantes a bien été évoqué par le passé par Sergio Marchionne, le président du groupe italiano-américain, mais il se heurterait très certainement à de nombreux obstacles comme le réseau de concessionnaires communs par exemple.

Marchionne a toutefois déjà indiqué son intérêt pour trouver un acquéreur pour son groupe. Sa valorisation boursière actuelle sous les 20 milliards d’euros en fait une cible attractive et relativement peu chère, même pour un concurrent au chiffre d’affaires 10 fois plus petit comme Great Wall. La perspective d’une acquisition ne devrait toutefois pas manquer de faire monter les enchères, rendant l’opération plus onéreuse.


Dans un communiqué publié lundi, le groupe FCA affirmait qu’il n’avait “pas été approché par Great Wall Motors dans le cadre de la marque Jeep ou de toute autre question relative à son activité”. Si l’épisode Great Wall a de fortes chances de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau, le feuilleton de la reprise ou du dépeçage de FCA ne fait assurément que commencer. 


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Pierre Marie Coupry

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