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Les sociétés d’autoroute délatrices de nos excès de vitesse ? Du déjà vu (et recalé).

Les sociétés d’autoroute délatrices de nos excès de vitesse ? Du déjà vu (et recalé).
03/11/2015

Confier aux sociétés d’autoroute le soin de relever nos excès de vitesse, le principe fut déjà envisagé et testé en 2000. Finalement, l’État a préféré les radars automatiques.

Dans le volet sécuritaire de son programme sous fond de campagne pour les primaires à l’investiture présidentielle chez Les Républicains, Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir libérer les forces de l’ordre des tâches secondaires, notamment en confiant aux employés des sociétés d’autoroute le soin de constater les excès de vitesse avant de les transmettre aux autorités compétentes. Faute de détails, il y a de quoi rester dubitatif face à l’idée de voir le personnel d’une société privée commerciale servir de relais à une mission régalienne de l’État.

Le ticket de péage, ce mouchard oublié

Dès le début des années 2000, l’idée de contrôler la vitesse sur autoroute par le biais des sociétés qui en ont l’exploitation avait été testée. Le principe résidait dans le calcul de la vitesse moyenne entre l’heure de prise du ticket de péage et celle du règlement à la barrière suivante. Un système qui parait facile, à priori, mais qui avait pour immense faiblesse de ne pas tenir compte des pointes de vitesse. Ainsi, rien n’empêchait de faire une pointe à 170 km/h si on levait le pied, si on faisait une pause, le plein…

Selon une archive du journal Libération du 19 janvier 2000, le test mené par la direction de la Sécurité Routière auprès de 4 200 automobiles sur les Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) avait relevé 22% de moyennes supérieures à 130 km/h par temps sec. 19% de moyennes supérieures à 110 km/h sous la pluie.

Le « radar péage » fut rapidement oublié (même si depuis des radars tronçons sont testés selon un principe analogue) au profit de l’immense déploiement des radars automatiques à partir de 2002, co-responsable de la forte chute de la mortalité routière avec une certaine prise de conscience et du progrès technologique. En 2000, 7 643 personnes sont mortes sur les routes (à 6 jours). 3 384 (à 30 jours) en 2014. L’année dernière, 142 personnes ont perdu la vie sur les autoroutes de France, un nombre en baisse de 16% par rapport à 2013 et représentant à peine plus de 4% du total. Signe que ce n’est pas vraiment là que l’effort doit être concentré, mais bien sur le réseau secondaire (et pas seulement de la répression). De récents drames nous l’ayant rappelé.


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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