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Mondial Paris 2014 : nos tops et nos flops !

Mondial Paris 2014 : nos tops et nos flops !
14/10/2014

La première fois que je suis allé au Salon de l’Auto, renommé pour la première fois Mondial, c’était en 1990. A l’époque, le Salon occupait un hall seulement, les très nombreuses hôtesses distribuaient littéralement des tonnes de brochures en papier, les concept-cars promettaient de rouler très vite, et la star du Salon était la 1ère génération de Clio. J’étais gamin, et ça me faisait rêver, tout ce glamour, et ces voitures qui scintillent ! Je revenais les bras chargés de goodies que je considérais comme autant de précieux trésors, des autocollants Camel Trophy aux stylos Austin-Rover (paix à son âme).

24 ans et 12 éditions du salon de Paris plus tard, je suis devenu un grand garçon, l’automobile est mon métier, et j’ai un peu moins les yeux qui brillent devant toutes les nouveautés. Mais le Mondial reste un événement pas comme les autres ; 1.3 millions de visiteurs, le double du Salon de l’Agriculture, la preuve que l’auto reste une passion, malgré un climat qui n’y encourage guère ! 

Maintenant, c’est clair que les choses ont changé : les concept-cars sont moins nombreux et leur promesse s’exprime en grammes de CO2 émis, plus en km/h… Il y a globalement moins d’exposants, et plus tellement de place pour les petits constructeurs et artisans (qui se concentrent sur Genève). A part chez les Italiens, l’image de la femme objet évolue : il y a de moins en moins de jeunes apprenti- mannequins qui se frottent lascivement sur les capots, et les hôtesses cèdent la place aux hommes… Qui ne portent plus nécessairement un costard cravate, auparavant uniforme obligé du vendeur de bagnoles… Ces hôtes et hôtesses ne distribuent plus une seule doc, mais ils sont tous équipés d’Ipad pour relever les données des chalands, et se constituer des bases marketing. 

Dans cet environnement qui évolue, je vais me livrer à l’exercice rituel d’analyser ce qui m’a semblé bien ou pas dans cet opus… N’hésitez pas à partager aussi vos coups de cœur et vos coups de gueule ! 

Les bonnes surprises 

- L’avalanche de nouveautés chez Ford : Mondeo, S-Max, Edge, Focus et C-Max restylées : pas moins de 5 vraies nouveautés chez Ford. Pas mal pour un constructeur qu’on disait moribond il y a peu. Et globalement, ces nouveaux modèles sont plaisants 

- L’Espace : Renault a mis le temps – 12 ans- mais a finalement renouvelé son vaisseau amiral. Et même si c’est plus un SUV qu’un monospace, force est de reconnaitre qu’il a l’air bien pensé, qualitatif, et astucieux, avec notamment un bouton pour rabattre d’un battement d’ongle tous les sièges. On aime bien ! 

- La démonstration de puissance du groupe VW : ça devient une habitude, mais ça impressionne à chaque fois : un hall dédié, des stands immenses, des déclinaisons de gamme à l’infini, et cette année, la station Porte de Versailles entièrement décorée à la gloire de la Passat. Who’s the boss ? 

- Les marques japonaises : sans faire de bruit, le catalogue de toutes les marques japonaises s’enrichit de modèles séduisants : petit SUV chez Honda, charmante nouvelle MX5, enfin des nouveautés chez Suzuki (Vitara, Celerio), désormais dans le prestigieux hall 1… 

- La très classe Volvo XC 90 : magnifique stand Volvo aux allures scandinaves comme d’habitude, centré sur un seul modèle : le très séduisant XC 90, qui redéfinit les codes du gros SUV avec bonheur. 

- La Mini Superleggera : dans un salon globalement pauvre en concept-cars, ces derniers étant tous orientés sur le thème pas très glamour de l’économie de carburant, le concept de Mini Roadster déjà vu auparavant, est très rafraichissant. A quand produit en série ? 

- Le folklore : globalement l’automobile est un monde qui se standardise et où l’originalité n’est plus tellement de mise. D’ailleurs, à cette édition du Mondial, plus un seul exposant chinois ou indien, plus d’artisan anglais (Lotus, Morgan…), plus de marque US… C’est la crise pour tout le monde ! Malgré tout, au détour des allées, on peut croiser des PGO, des voiturettes, un VUL chinois, une Aventador tunée, une Mini Moke électrique, un stand De Tomaso (marque disparue depuis une vingtaine d’années !), et cette diversité fait plaisir à voir ! 

- La très belle exposition « l’automobile et la mode » dans le hall 8. De magnifiques modèles et concepts ! Toutes nos photos ici

- Sixt : tous les couloirs intermédiaires entre les halls sont habillés par d’immenses pubs Sixt avec des slogans hilarants, du genre « louez une belle voiture pour le prix d’une moche »… Le tout complété d’un petit stand où on incite les visiteurs à hurler « c’est moi le patron » dans une cabine insonorisée… Marrant ! 

Les déceptions 

- La réorganisation des halls : on s’y perd ! Depuis 20 éditions, les emplacements étaient figés, on avait un plan familier en tête. Et là patatras ! Suite à des travaux, tout change, le prestigieux Hall 1 est vidé de ses traditionnels occupants, Mercedes est relégué dans un pavillon annexe, derrière Subaru et Ssanyong, BMW est coupé du monde… 

- Le stand Renault : invariablement depuis au moins 6 ans, que ce soit à Paris, Genève ou Francfort, le stand Renault est exactement le même : avec ses 2 « collines », de gros galets pour s’assoir, et des lampes boules au plafond qui varient de hauteur. Lassant ! 

- Le manque de rêve ! Les marques de prestige sont là pour la forme, mais font de la figuration, n’apportant aucune nouveauté dans leurs bagages. Lamborghini sauve un peu les meubles avec un concept un peu terne, et lui aussi hybride ! D’ailleurs, ce salon manque cruellement de beaux concept-cars aspirationnels, au lieu de ça, toutes les dream cars sont hybrides du segment B SUV, avec la promesse d’une conso de 2L/ 100 (cf Renault Eolab, et Cactus Airflow). Dur de s’enthousiasmer pour ça !

- Les marques Peugeot et Citroën globalement : les stands sont beaux, spacieux et bien aménagés. Mais ça ne suffit pas à masquer la pénurie cruelle de nouveautés : une 508 faceliftée déjà en concessions chez Peugeot, de nouveaux phares sur la DS3, et … rien du tout chez Citroën. Espérons que ce ne soit qu’une pause passagère ! 

- La lente agonie italienne : encéphalogramme plat chez Alfa, avec les mêmes modèles depuis 6 ans, uniquement des 500 chez Fiat, qui n’essaie même plus de faire semblant d’avoir une gamme, des stands Abarth et Lancia pathétiques de vide, avec des énièmes déclinaisons de 500 et d’Ypsilon. Le tout péniblement rehaussé d’hôtesses à la vulgarité coutumière… Pas la joie dans le groupe Fiat. Heureusement Ferrari et Maserati apportent leur part de rêve, et le petit Jeep Renegade est sympa.

- Venturi : cette « marque » me laisse sceptique : tous les 2 ans depuis 2000, Venturi vient au Mondial avec un stand généralement assez spacieux, pour montrer une énième itération de sa Fetish ou du buggy America. Pendant ce temps pas une voiture n’est sortie des chaines de fabrication (il n’y en a d’ailleurs sans doute pas !) alors que Tesla ou Fisker ont démontré la viabilité d’une électrique de sport ou de prestige. Donc le principal « attrait » du stand Venturi cette année est une MVS 260 de … 1986, à l’époque où cette belle marque ne vendait pas que du vent. 

- Jaguar/ Land Rover : après les très belle F-Type et le succès mondial de l’Evoque, le désormais indien était attendu au tournant. Et on est un peu déçu. Le retour sur le segment M2 de Jaguar avec la XE n’est pas une franche réussite entre un design convenu et un aménagement intérieur qui évoque plus la familiale japonaise que le luxueuse britannique. Et chez Land Rover, on n’en finit plus de décliner à l’infini le design de l’Evoque, dans tous les gabarits, cette fois-ci avec le Discovery Sport. Au risque de lasser tout le monde. 

- La sursegmentation : un sujet dont nous avons déjà parlé ici même… On comprend bien la volonté des marques premium d’adresser une réponse adéquate à rigoureusement tous les types de clients. Mais là, Audi en fait trop avec la TT Sportback. Une TT familiale… Pourquoi pas une Q5 cabriolet ou une A3 Pick-Up ? 

- La Mercedes AMG GT : c’est un peu dur de classer cette très belle sportive dans la catégorie des déceptions. Elle est très belle, sans doute très efficace et bien moins inaccessible que la SLS. Mais elle est presque fade. Face à la très charismatique SLS, et ses emblématiques portes papillon, endiablée par le V8 6.3 AMG, la GT parait banale… Bon en même temps, quand on se pose ce type de question, c’est qu’on n’a pas de problèmes existentiels ! 

Retrouvez notre reportage complet du Mondial 2014 ici pour illustrer nos analyses ! 

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