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Nos chers disparus. A qui le tour ?

Nos chers disparus. A qui le tour ?
04/08/2014

L’automobile est un monde vivant. Avec des marques qui se créent, ou qui disparaissent, et d’autres encore qui quittent le marché français.

Et contrairement à ce qu’on peut penser à première vue, la tendance est plus à la contraction de l’offre en termes de marques qu’à son extension, en France du moins.

En effet, si de nombreuses marques se créent en Chine, et s’implantent en CKD dans l’hémisphère sud, aucune n’a été importée officiellement dans l’Hexagone, passé l’effet d’annonce de Landwind en 2006.

Et les géants de l’auto indiens – Tata, Maruti, Mahindra … - se concentrent sur le marché intérieur.

Tout ceci pour dire que ça fait au moins 10 ans, qu’hormis Dacia, aucune nouvelle marque notable n’est entrée sur le marché européen.

En revanche, en termes de disparition, ça a été l’hécatombe !

Au début des années 90, tous les constructeurs des pays de l’Est ou presque ont périclité à la chute du mur : exit Zastava-Yugo, FSO- Polski, Aro, et autres. Lada, Skoda, et Dacia ont survécu sous des formes très différentes. Plus de détails sur cette tendance dans cet article

Dans la foulée, beaucoup de marques représentatives du folklore automobile ont disparu, souvent englobées par de grands groupes : Autobianchi, Innocenti, Santana, Alpine, Venturi, toutes les marques anglaises ou presque… Suivies dans les années 2000 par les grandes faillites de Saab et MG-Rover en Europe, qui toutes 2, essaient laborieusement de renaitre de leurs cendres sous pavillon chinois.

Les carrossiers ont aussi souffert, victimes de l’internalisation des productions de niches. Il y a encore 10-15 ans, Pininfarina produisait des 406 Coupé et des coupés Fiat et Alfa, Bertone des Punto cab, et Heuliez des 206 CC et des Opel Tigra. Fini tout cela désormais. Et les carrossiers tombent les uns après les autres, les derniers restes d’Heuliez venant d’être dispersés avec la faillite de la laborieuse Mia…

Aux Etats-Unis, ça a été le grand massacre à la fin des années 2000 : les big Three (General Motors, Ford et Chrysler) ont dû sabrer dans leurs portefeuilles de marques, victimes de positionnements trop peu différenciants : exit Oldsmobile, Pontiac, Mercury, Plymouth, Saturn… Même Hummer, l’emblème de l’Amérique conquérante, a dû fermer boutique, rationalisation oblige ! Et puis à l’heure de l’hybride et de l’électrique, ses produits étaient de toute façon … décalés !

Et même en Europe, les enseignes américaines n’ont pas eu un destin formidable : Chrysler et Dodge sont retournées au pays, et Chevrolet, relancé en grande pompe en 2007, a disparu des écrans radars européens avec une rapidité incroyable cette année, pour laisser de la place à Opel…

En somme, suivant des logiques de standardisation industrielle, d’économie d’échelles, et de positionnement de marques, le marché s’est simplifié et homogénéisé, laissant de côté certains acteurs marginaux…

Et cette logique n’est pas près de s’arrêter… On a tout lieu de craindre que la prochaine victime de cette simplification de l’offre soit Lancia : très peu présente hors d’Italie, ayant perdu son identité suite au rebadgeage de modèles américains sans cohérence, avec l’Ypsilon comme seul modèle à –relatif- succès, son avenir semble d’autant plus sombre que même Sergio Marchionne, le grand manitou du groupe FCA, n’en parle plus lors de ses interventions.

Et selon vous, quelle sera la prochaine marque à baisser le rideau ?


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