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Que faire pour abaisser la mortalité routière ?

Que faire pour abaisser la mortalité routière ?
24/01/2017

2016 a vu une nouvelle progression du nombre de tués sur les routes de France. La troisième année de suite. De quoi se demander si la politique du tout radar a encore un sens.

Le bilan est encore provisoire, mais le CNSR a confirmé qu’en 2016, au moins 8 personnes de plus se sont tuées sur les routes de France par rapport à 2015. Soit un total de 3 469 tués, en progression de 0,2%. Alors oui, d’un point de vue très statistique, on parlera plutôt de stagnation, à l’instar du communiqué de la Sécurité Routière. Reste le nombre de blessés, en augmentation de 2% en 2016 par rapport à 2015. C’est un peu plus que l’épaisseur du trait, mais difficile de dire s’il agit d’accidents à vitesse moindre ou d’une efficacité accrue des sécurités actives des automobiles récentes. Certainement un peu des deux, d’autant que le nombre d’accidents corporels progresse aussi (+1,1%).

C’est pas faute de vouloir sanctionner…

On entend certains parler du « record » de 2013 (3 268 tués) comme d’une année plancher. On n'a pas réussi à faire mieux depuis, même si l’on peut toujours considérer que 2016 est la 4ème meilleure année depuis que l’on établit cette sinistre comptabilité. Face aux micros, le ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, a affirmé que jamais dans l’histoire de la Sécurité Routière française, il n’y a jamais eu « autant de décisions prises sur une législature ». Juste que les effets tardent à être constatés, quand les décrets d’applications se font encore attendre… Pour autant, entre l’obligation de dénonciation des conducteurs en voiture de société qui se font flasher par les patrons ou la sous-traitance des radars embarqués auprès d’opérateurs privés qui ne roulaient au mieux qu’une heure par jour (un policier constate toujours l'infraction depuis le centre technique de Rennes), on a l’impression que le seul levier pour faire baisser les accidents de la route est le parc de radars. S’ils ont clairement contribué à la prise de conscience générale durant les années 2000, leur effet ressemble désormais à un placebo, comme n’importe quel médicament dont on se serait accoutumé.

2 000 morts d’ici 2020, comment ?

Alors que l’on peine à passer sous le seuil des 3 000 morts par an, l’objectif officiel de 2 000 morts en 2020 est toujours d’actualité. C’est dans 3 ans. Pour cela, les gouvernants comptent sur la multiplication des panneaux et radars leurres, de la suppression des vitres teintées ou encore la vidéo-verbalisation. Des solutions sans grande originalité et sans aucun investissement. Il apparait pourtant que l’on pourrait améliorer le sort de tous en travaillant sur d’autres sujets. À commencer par l’état des routes, les nids de poule, l’élagage des bas côtés, la marquage au sol, certains panneaux semblent ne pas avoir été changés depuis 20 ans alors qu’ils ont un durée de vie bien définie afin d’assurer une rétro-réflexion d’au moins 70% par rapport à l’état neuf (8 ou 12 ans selon la classification établie par une circulaire du 31 janvier 1992).

Elles fêtent leur centenaire cette année, les auto-écoles semblent plus que jamais avoir un rôle à jouer. Ayant feuilleté un livre du code de la route ces dernières semaines, j’ai remarqué qu’on y parle d’homologations, d’interdictions, de risques… Ne pourrait-on pas plutôt former des automobilistes dans l’idée de vitesse adaptée plutôt que dans le dogme de la vitesse limitée ?

D’autres considérations m’interpellent et certainement vous aussi. Combien de fois avez-vous fait l'objet d'un contrôle d’alcoolémie dans votre vie d’automobile ? Une fois, deux maximum ? Certains répondront jamais. Ne pourrait-on pas élargir la possibilité des contrôles d’alcoolémie (et de stup) aux polices municipales ?

La mortalité routière, ce ne sont pas seulement des automobilistes, des passagers, des camions et des motos. Il y a aussi des piétons, des cyclistes, des trottinettes… Autant de personnes (qui sont parfois des automobilistes entre deux trajets) qui semblent faire totalement fi du code de la route. Il faut dire que le risque de sanction est rarissime tandis qu’aucun effort n’est fait dans la prévention. Comment se fait-il que les mairies souhaitent généraliser les mobilités douces sans évoquer le port du casque ? Je ne comprends pas cette telle différence entre un motard et cycliste. Une obligation pour le premier depuis 1973, sanctionnée aujourd’hui par une perte de 3 points et une amende forfaitaire de 135€. Pour le second, c’est tout à fait facultatif. Néanmoins, à partir du 22 mars, les adultes transportant un enfant de moins de 12 ans sans casque homologué devront aussi s’acquitter d’une amende forfaitaire de 135€. Et le reste des cyclistes ? Et bien ils peuvent continuer à prendre des rues étroites en sens unique !

Infrastructures, voitures autonomes, sécurités actives et passives, éthylotest anti-démarrage… Quelles pistes semblent pour vous les plus prometteuses afin de faire sensiblement et durablement baisser les nombre d’accidents de la route ?


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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