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Du temps où ma Ford Escort coinçait en montagne !

Du temps où ma Ford Escort coinçait en montagne !
05/07/2017

Avant de devenir mon volant attitré, ma première voiture a connu la vie monotone et quasi monacale de la grande banlieue parisienne. Ses trajets se limitaient à des courses de quelques kilomètres pour aller au supermarché ou au restaurant avec seul fait de gloire l’ascension d’une longue côte au premier braquet. Pendant la première partie de sa vie, ma Ford a rarement connue la joie d’une conduite débridée sur l’autoroute pour se voir muselée à la première ou à la seconde. Il faut dire que son propriétaire de l’époque, mon regretté grand-père, n’était plus le pilote intrépide qu’il fut auparavant.

Après des années à trimer comme une bête de somme, il fut décidé qu’il était grand temps de soustraire la petite Escort des mains d’un chauffeur en fin de course pour la confier à celle d’un chauffard en devenir. Récemment armé de mon précieux permis de conduire, je prenais possession de mon premier compagnon de route : une Ford Escort MK II de 1977. Comme vous vous en doutez, il ne s’agissait pas d’un modèle Cosworth ou Pinto mais d’un modeste 1.1L 4 cylindres OHV "Ford Kent engine" de 48 cv 5500 t/mn.

Comme toutes les petites berlines de l’époque avec une finition d’entrée de gamme, elle offrait un confort des plus spartiates. Elle ne proposait aucun des petits luxes des voitures actuelles comme la direction assistée ou les vitres électriques. Même une Dacia Logan d’entrée de gamme parait suréquipée par rapport à mon Escort. Elle fut toutefois rapidement complétée du seul accessoire indispensable à mes yeux : un autoradio.

Virées sauvages

Fort de l’insouciance de notre jeunesse et d’une folle envie de voir des contrées lointaines, nous nous sommes lancés mes amis et moi dans de folles virées qui nous ont menées aux quatres coins de l’Europe … enfin surtout en Espagne mais bon. L’extrême puissance de son moteur et sa modeste vitesse de pointe ont permis à mon Escort de s’affranchir des longues chevauchées sur les autoroutes pour le rythme plus adapté des Nationales.

Il faut dire que l’Escort MK II n’était pas une des voitures les plus simples à dompter. Je ne sais pas si elle tenait un peu de sa grande soeur, la Ford Mustang, mais elle présentait un aspect des plus rudes. Les suspensions n’en avaient que le nom, la transition lançait de grands râles et son moteur hoquetait lors des décélérations.

Cela ne nous empêchait nullement d’entreprendre de longues virées parfois intrépides comme un Paris - Barcelone en une journée avec une étape à Andorre pour profiter de ses duty free. Chargée comme une mule après quelques centaines de kilomètres en plein cagnard, elle nous fit le coup de la fringale en pleine ascension des lacets des Pyrénées. Certes increvable, son moteur 1100 cc n’a guère apprécié la rareté de l’oxygène … ou la vétusté de son filtre à air.

Après de nombreux Go-slow, ma petite Escort connu une fin tragique. Sur la route de retour d’un long voyage, son moteur a commencé à se comporter de façon inhabituelle quelque part entre Clermont Ferrand et Paris. Arrivé malgré tout à bon port, son passage au garage livra un diagnostic sans appel : bielle coulée. Elle finit sa carrière dans une casse à fournir des pièces détachées à ses congénères …

lIllustration : miniature Ford Escort Mk2 1.1L


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Pierre Marie Coupry

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