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Essai VW Jetta Hybrid. La beauté intérieure

Essai VW Jetta Hybrid. La beauté intérieure
19/08/2014

Je vous ai déjà raconté mon autobiographie automobile ici. Et je vous avais laissé sur une interrogation, en me disant quelle monture pourrait bien venir remplacer la dernière Astra CDTI 165 BVA que j’ai utilisée 2 ans.

Le cahier des charges était simple : Pas de monospace + suffisamment de chevaux + obligatoirement une boite auto. Le tout dans un budget convenu.

La réponse que j’ai trouvée n’est pas banale ! Ce véhicule s’est immatriculé à exactement 73 exemplaires au cours du premier trimestre 2014. Pas précisément un best-seller.

Une voiture destinée majoritairement aux marchés américains et chinois, et vendue presque en catimini dans l’Hexagone… J’ai nommé la VW Jetta Hybrid.

Vous n’en aviez jamais entendu parler ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul dans ce cas ! Après quelques jours à son volant, il est temps de faire un point complet, et de vous livrer mes impressions.

Une techno de pointe dans un physique ingrat

Les Européens achètent majoritairement des voitures à hayon. Ce sont bien les seuls. En effet, tous les autres marchés mondiaux favorisent les modèles tricorps, dits Sedan, avec une malle arrière séparée.

La Jetta qui nous intéresse ici est donc un modèle stratégique pour Volkswagen à l’échelle mondiale, mais pas du tout chez nous… Où cette Golf « à coffre » est présente sur le marché depuis 30 ans au moins (sous différents noms : Bora, Vento, Jetta), sans jamais avoir fait frémir les chiffres de vente, coincée qu’elle est dans la gamme VW entre les best-sellers Golf et Passat.

Contre toute attente, c’est ce modèle que VW a choisi au moment de lancer sa première hybride grand public (il y a bien eu un Touareg Hybrid, mais son prix n’en fait pas précisément une « voiture du peuple »).

Ni modèle dédié comme la Prius, ni adaptation diesel comme les modèles PSA, la Jetta constitue un cocktail qui souffle le chaud et le froid : appétissant techniquement (l’excellent 1.4 TSI dans sa version 150ch, plus un bloc hybride de 27ch, couplé à la toujours séduisante boite DSG7), mais peu attractive physiquement. En effet, non contente de ne pas être en adéquation avec les attentes du marché en termes de carrosserie, elle est basée sur une plate-forme de Golf 6… Alors que la Golf en est à sa 7ème génération depuis un an et demi déjà.

Bref, voilà une voiture, au mieux banale, au pire vieillotte esthétiquement, qui abrite pourtant en son sein un groupe moto-propulseur novateur et prometteur pour l’avenir. Pour le moins étonnant.

Que vaut donc cette technophile déguisée en pré-retraitée à la conduite ?

Séduisante à l’usage

Après quelques semaines de conduite, la Jetta Hybrid s’affirme comme une auto extrêmement agréable.

En ville déjà : même si son gabarit n’en fait pas une citadine, pouvoir évoluer quelques kilomètres (jusqu’à 70 km/h) durant en 100% électrique est un vrai plaisir. Il est même possible de forcer le mode électrique via un bouton dédié, ce qui impose un rythme assez mollasson, il faut bien l’avouer.

Par la suite, la transition entre électrique et thermique est quasiment transparente, le moteur TSI était lui-même très discret et peu vibrant. Qui plus est, il est accouplé à l’excellente boite DSG7 de la marque qui donne ici toute sa mesure. Encore perceptibles sur n’importe quel modèle VW doté du couple TDI+ DSG, les passages de rapport disparaissent complètement sur la Jetta Hybrid, tout est fluide, le moteur n’est jamais ni en sur, ni en sous-régime. C’est très appréciable, et cela incite à une conduite détendue, et en douceur…

Si on en a marre de la douceur, et qu’on a envie d’une conduite plus dynamique, c’est possible également. A ce moment-là, les moteurs thermiques et électrique conjuguent leurs forces pour produire 170ch, qui donnent à cette berline une vivacité et une nervosité tout à fait inattendue, rien à voir avec la mollesse permanente d’une Prius, par exemple.

Maintenant, ces envies de sport sont plus adaptées à une autoroute (allemande bien sûr J) qu’à une petite départementale sinueuse, où la Jetta aura vite fait de vous rappeler son poids, son gabarit, et la souplesse de ses suspensions… C’est une excellente routière, pas une GTI.

Les évolutions entre les 2 modes de propulsion, la régénération d’énergie au freinage et à la décélération sont résumées de manière pédagogique à la fois sur l’écran du GPS, et sur une sorte d’indicateur d’ «éco-conduite », qui remplace le compte-tours sur le tableau de bord.

Finissons en soulignant que les promesses d’économies ne sont pas vaines ! Annoncée pour 4.1 selon un cycle d’homologation très optimiste, à l’épreuve de la conduite, la Jetta réclame environ 6l de SP95 tous les 100 kms, ce qui est remarquable pour une berline de 4m70, à moteur turbo essence.

Mais tout n’est pas parfait !

Si elle donne un grand plaisir au conducteur (et à ses passagers, choyés dans le grand habitacle), la Jetta Hybrid ne constitue pas pour autant la familiale parfaite.

Son plus gros défaut c’est le coffre. Volkswagen ne s’est pas cassé la tête pour intégrer les batteries dans la voiture, ils les ont posées dans le coffre, sans plus de formalités. Du coup, une marche de 30 cm coupe l’intérieur de la malle en 2, et le prive de la moitié de sa hauteur.

Ensuite, elle est globalement un peu désuète dans ses équipements, ce qui est un paradoxe quand on connait son bagage technologique… Détaillons nos griefs !

Le tableau de bord est globalement moins valorisant que celui d’une Golf 7. Le GPS à écran tactile est tout à fait correct, mais tout petit, et positionné trop bas (bien loin des écrans géants avec effet de zoom à l’approche de la main des dernières VW). Les rétros sont rabattables électriquement, mais pas automatiquement à la fermeture des portes. Manque qui m’a semblé étonnant, à l’époque où la connectique est partout, la Jetta n’a pas de port USB, simplement une prise jack (pourquoi ?) et un lecteur de carte SD. Enfin cerise sur le gâteau, elle a encore un frein à mains mécanique, cela faisait belle lurette que je n’en avais plus vu !

Enfin, son prix catalogue n’est pas donné : 31250€, c’est compétitif face à une 3008 Hybrid4, mais cher face à une Prius, si on veut se borner aux hybrides familiales. Mais il s’avère que les annonces d’occasion récentes regorgent de Jetta Hybrid de démonstration (comme celle-ci d’ailleurs) proposées à des tarifs extrêmement avantageux, la positionnant souvent moins chère qu’une Golf TDI 105 boite méca… A fouiller sur autosphere.fr !

En conclusion, la Jetta Hybrid est une offre très originale sur le marché qui ne manquera pas d’attirer l’attention de celui qui cherche une familiale hybride agréable à conduire à un prix maitrisé. Il faudra composer avec une carrosserie pas très glamour, et cette impression paradoxale de grande modernité mélangée avec des éléments dépassés.

C’est sûr que le concept même de cette voiture la condamne en France à une certaine marginalité. Elle aurait été infiniment plus populaire si VW avait implanté le même groupe moto-propulseur dans une Golf ou un Tiguan… Comment ça, c’est prévu pour bientôt ? La Jetta, 1ère de cordée pour ouvrir la voie à une gamme hybride complète à Wolfsburg ! 


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