Blog auto > Sport-auto > Luca Di Montezemolo et le modèle unique de Ferrari

Luca Di Montezemolo et le modèle unique de Ferrari

Luca Di Montezemolo et le modèle unique de Ferrari
11/09/2014

Débarqué par Sergio Marchionne, l’administrateur délégué de Fiat Chrysler Automobiles (FCA), Luca Di Montezemolo quitte Ferrari qu'il dirigeait depuis 23 ans. Il laisse derrière lui un héritage considérable et un modèle économique unique au monde. Hommage.

Disons le d’entrée, le modèle pour lequel Ferrari a opté avec Luca Di Montezemolo est inapplicable chez un autre constructeur. Au-delà des 14 titres mondiaux conquis en Formule 1 (8 constructeurs et 6 pilotes), la production triplée en 23 ans ou le chiffre d’affaire de 2,3 milliards d’euros (pour 2013) c’est le rayonnement de Ferrari à travers le monde sous Di Montezemolo que retiendra l’Histoire. Au point d’en faire la marque la plus influente au monde en 2013 (devant Coca-Cola, Google…) selon l’étude Brand Finance.

Production limitée, sur mesure et à la main.

Sergio Marchionne a beau jeu de critiquer les résultats de la Scuderia Ferrari en Formule 1 : « Nous avons les meilleurs ingénieurs et les meilleurs pilotes. L’objectif de Ferrari est la victoire, pas la 9e place » a-t-il lâché le week-end dernier, après le Grand Prix d’Italie. La vérité semble être ailleurs puisque Luca Di Montezemolo a déclaré lui « ils veulent américaniser Ferrari ». Car c’est bien là que réside l’opposition entre Marchionne et Di Montezemolo. Quel est l’avenir de Ferrari au sein du nouveau groupe Fiat Chrysler Automobiles, dont la direction est à Detroit ? Avec Di Montezemolo, Ferrari avait conservé son autonomie au sein du groupe Fiat. Quand l’ensemble de l’industrie automobile se modernisait à grands renforts de machines outils, le marquis a lui remis l’ouvrier au coeur de la production. Du fait main, de la certification, de la personnalisation et un service après-vente exemplaire tout en étant ultra rentable. Quand les constructeurs ambitionnent de produire et vendre toujours plus, Ferrari a vu sa production limitée à 7 000 exemplaires par an*. Ceci afin de conserver l’exclusivité de la marque et la valeur des Ferrari classiques. De 4 millions d’euros de pertes en 1991, Ferrari a annoncé un chiffre d’affaire de 2,3 milliards d’euros en 2013 pour un bénéfice net de 364 millions.

Fabriquer des voitures pour financer la F1

Bien-sûr, Ferrari s’est adapté au monde. La volonté d’Enzo Ferrari de produire des voitures pour financer la Formule 1 (et non l’inverse) est du passé. Au point que le cheval cabré génère 50 millions d'euros de chiffre d’affaire par an de merchandising ! Mais avec Luca Di Montezemolo, les passionnés pouvaient avoir l’assurance que l’esprit du Commandatore était, sinon préservé, compatible entre ce que Ferrari était et est aujourd’hui. Le nouveau PDG de Ferrari sera Sergio Marchionne lui-même ou un homme loyal. De quoi prédire que Ferrari devrait être intégré au sein du groupe FCA au même titre que toutes les filiales. Un groupe luxe et sport composé de Ferrari, Maserati et Alfa Romeo est évoqué ici ou là. Et lorsque l'on sait que FCA envisage d’augmenter sa production totale de 4 à 6 millions de véhicules en quelques années, cela n’augure rien de bon pour l'identité des rouges. 

* À titre de comparaison, Porsche a vendu 162 000 voitures l’année dernière


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

Commentaires