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Maria Teresa De Filippis, la pionnière

Maria Teresa De Filippis, la pionnière
11/01/2016

À 89 ans, Maria Teresa De Filippis s’en est allé. Qui était cette Italienne ? La toute première femme pilote de Formule 1.

Si les chevaux ont toujours attirés Maria Teresa De FIlippis, elle reconnaissait volontiers que c’était surtout l’animal qui la passionna lors de son enfance napolitaine, dans les années 1930 (née en 1926). Ce n’est qu’à 20 ans qu’elle s’orienta vers le sport automobile. La motivation de devenir pilote vint de ses propres frères... Imagine les remarques pour l’époque. Comment ça ? Une femme ? Conduire vite ?

Attirer l’attention de Maserati

Chi va piano va sano, c’est sur la côte amalfitaine et dans une Fiat 500 que Maria Teresa De Filippis forgea ses réflexes. Elle parvint à convaincre ses parents de la soutenir et remporta la première course dans laquelle elle s’engagea : Salerno - Cava dei Tirreni. Cependant, sa progression fut loin d’être pas rectiligne. Par exemple, elle manqua complètement son engagement dans le Circuito del Garda en F2 en 1949 (avec une Ferrari 166S), mais gagna en expérience en participant aux Mille Miglia, au Targa Florio (se hissant à la 9e place en 1955 associée à Luigi Bellucci en Maserati A6 GCS/53) et même les 1000 km de Buenos Aires en 1956 et 1958. La cylindrée augmenta et les victoires s’accumulèrent un peu partout en Italie.

C’est dans l’idée de réaliser une belle opération de promotion que Maserati lui permit de s’engager de manière privée en F1 avec une 250F. Une automobile qui a permis à Juan Manuel Fangio de glaner son cinquième titre de champion du monde en 1957, mais une automobile sujette à une forte concurrence de Cooper-Climax, Vanwall et Ferrari.

La Napolitaine effectua ses premiers roulages lors d’une course non officielle à Syracuse le 13 avril 1958. Sur 12 engagés dont 10 avec la Maserati 250F, seuls 6 concurrents terminèrent la course, elle se classe 5e. Convaincue, elle s’engagea sous son propre nom un mois plus tard... à Monaco ! Difficile pour une première expérience, mais le glamour fut bien là, voici la première femme officiellement engagée en Formule 1 ! Cependant, De Filippis ne réalisa aucun miracle et ne se qualifia pas pour le départ des 16 meilleures monoplaces sur 31 engagées (21e chrono).

Dixième à Spa

Si l’expérience monégasque fut encourageante, mais pas concluante, Maria Teresa De Filippis se concentra sur Spa-Francorchamps en faisant l’impasse sur la Pays-Bas et Indianapolis. Sur les 19 chronos admis sur la grille de départ ardennaise, l’Italienne se hissa de justesse à la dernière place, à tout de même 35 secondes de la pole position de la Ferrari de Mike Hawthorn. Qu’importe, la comtesse devint le 15 juin 1958, la première femme à prendre le départ d’un Grand Prix de F1 ! En course, l’Italienne bénéficia des abandons de ses concurrents parmi lesquels on retrouve Stirling Moss, Masten Gregory, Graham Hill ou encore Jack Brabham. Bien que reléguée à 2 tours du vainqueur, Tony Brooks sur Vanwall, De Filippis termina la course. Dernière certes, mais 10e ! Une position qui aujourd’hui lui ferait bénéficier d’un point au classement pilotes, mais en 1958, seuls les 5 premiers marquaient des points.

Refusée au Grand Prix de France

Revigorée, Maria Teresa De Filippis voulut enchaîner avec le Grand Prix de France, trois semaines plus tard sur le circuit de Reims-Gueux. Mais l’accès lui fut refusé pour de raisons sexistes. Le directeur de l’épreuve déclarant que «le seul casque dont une femme devrait avoir l’usage est celui qu’elle retrouve chez son coiffeur». La pilote manqua ainsi les adieux de Juan Manuel Fangio et l’attitude gentleman de Mike Hawthorn qui refusa de lui prendre un tour et qui déclara qu’«on ne prend pas un tour à cet homme-là».

Maria Teresa De Filippis s’engagea néanmoins en Portugal, puis à Monza. Et si elle parvint à prendre le départ, sa vieillissante 250F ne lui permettait pas de finir les courses. L’italienne revint en 1959 à Monaco avec une Porsche, sans succès. D’autant que la mort de son ami Jean Behra l’avait meurtri. Peut-être était-il temps de fonder une famille ? C’est la conclusion qui s’imposa à elle en 1960.

Ce qui ne l’empêcha pas de rester dans le giron du sport automobile et de la Formule 1. En 1979, elle rejoignit le club des anciens pilotes de Grand Prix (en devint Vice-Président en 1997) avant de présider en 2004 le Club Maserati. En 2012, Maserati voulut lui rendre hommage en lui confia une 250F pour quelques tours de piste. Elle s’en est allée le 9 janvier, à Scanzorosciate en Bergame.


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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