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Les Françaises à 2l/100km

Les Françaises à 2l/100km
22/09/2014

Il y a deux ans, les constructeurs français étaient encouragés par l’État à se lancer dans l’élaboration d’une voiture ne consommant que 2l/100km. Renault, Peugeot et Citroën ont tous répondu à l’appel. Faut-il pour autant y voir l'amorce d'un changement radical dans nos relations avec la pompe à essence ?

En clôture de la conférence environnementale de septembre 2012, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait souhaité que les constructeurs français produisent des voitures (vraiment) moins gourmandes en carburant. La manœuvre avait pour but de faire baisser la consommation d’hydrocarbures des Français, mais aussi la pollution, notamment aux particules fines. L’objectif fut ainsi de « disposer dans 10 ans de véhicules consommant 2 litres d’essence aux 100 km ». À l’échelle européenne, le contexte était, et demeure, la menace d’une amende record pour la France quant à la pollution de l’air.

Tout l’intérêt de la compétition

Face aux déclarations du gouvernement, nos grands constructeurs nationaux (réunis en Plateforme de la Filière Automobile ou PFA) se devaient de relever le défi. À quelques encablures du Mondial de l’Automobile 2014, Renault, Peugeot et Citroën ont ainsi chacun présenté un prototype hybride ne revendiquant que 2l/100km. Et même moins pour le concept Eolab de Renault. Une combinaison thermique et électrique affichant une consommation de 1l/100km et tout juste 22 g/km de CO2. Le coupé s’appuie également sur une importante stratégie d’optimisation des composantes du véhicules : Châssis en aluminium, toit en magnésium, pneus fins, aérodynamique travaillée… permettant au concept Eolab de peser 400 kg de moins qu’une Clio, soit environ 800 kg. 

Évidemment, ce concept car fait l’économie de certains équipements allant de l’isolation à pourquoi pas la climatisation. On ne serait d’ailleurs pas surpris de voir ces véhicules (de Renault et PSA) être recalés aux crash-tests EuroNCAP. Le défi est également relevé  chez Citroën avec le C4 Cactus Airflow qui ne revendique que 2l/100km grâce à sa motorisation Hybrid Air associant le 3 cylindres 1,2l de 82 chevaux à un système d’air comprimé. Ici aussi, le régime fut drastique puisque le crossover est à peine plus lourd que le Renault Eolab concept, soit 865 kg. La technologie Hybrid Air est également employée chez Peugeot sous les lignes d’une 208 tout en pesant 960 kg. Si la course à la légèreté est perdue par Peugeot, on peut supposer que c’est la 208 qui est la plus proche d’un modèle de production.

Défi relevé et après ?

« Seul un véhicule abordable peut être consommé en masse et avoir un impact écologique ». Ces mots sont de Gaspar Gascon Abellan, directeur de l’ingénierie mécanique en avale de ces concept car. Sont-ils prêts à passer à la production ? Et si oui, le sont-ils à des tarifs attractifs pour le plus grand nombre ? Le cahier des charges du gouvernement faisait état d’un coût aux alentours de 15 000 euros pour une citadine et une commercialisation en 2020. Pour l’instant, le discours de Renault, comme de PSA, est d’indiquer qu’un nombre important des technologies employées seront introduites dans la gamme existante sur une période allant de 2017 à 2020. Une manière d’indiquer que l’équation (technologie hybride + construction légère) / accessibilité = rentabilité + baisse de la pollution est loin d’être résolue.


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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