Blog auto > Technologie > Voitures autonomes, quand les voitures se conduisent elles-mêmes

Voitures autonomes, quand les voitures se conduisent elles-mêmes

Voitures autonomes, quand les voitures se conduisent elles-mêmes
27/04/2017

Les voitures autonomes ne sont plus une utopie futuriste, elles sont là ! Les expérimentations ont dépassé les tests isolés et s’apprêtent à investir la vie quotidienne des citoyens. Avant de conquérir le monde, certaines contraintes techniques et réglementaires doivent toutefois encore être réglées.

Dans les faubourgs de Phoenix, dans les rues de Pittsburgh ou sur les routes de la région parisienne, des milliers de personnes vivent tous les jours une nouvelle expérience de mobilité. Ces conducteurs s’installent au volant de véhicules qui tracent la route en se conduisant, partiellement ou totalement, eux-mêmes.

Certaines fonctionnalités des modèles actuellement disponibles chez votre concessionnaire, comme le Park Assist pour n’en citer qu’un, sont des applications directes des gigantesques investissements en recherche et développement actuellement consentis par les constructeurs et les équipementiers automobiles mais aussi par les multinationales high-tech comme Intel, Google, Apple ou Uber pour parvenir à développer une voiture réellement autonome fiable et sûre. L’enjeu pour tous ces acteurs est de façonner la mobilité de demain tout en s’imposant comme un acteur incontournable du nouveau paradigme automobile.

Alors que cette révolution de la mobilité est à l’orée du bois, nous vous décryptons son fonctionnement ainsi que les obstacles technologiques et réglementaires qu’elle doit encore franchir.

Comment une voiture se conduit-elle elle-même ?

Les véhicules autonomes actuellement en circulation sont des modèles standards sortis des usines automobiles qui sont équipés d’un florilège d’équipements de mesure numériques reliés à un ordinateur surpuissant.

Les différentes capteurs numériques, comme les caméras, les lidars ou les radars, collectent des informations en temps réel sur l’environnement du véhicule, ses coordonnées géographiques ultra précises et les obstacles environnants.

Modélisation par une voiture sans pilote de son itinéraire, de la signalisation et des obstacles en 3D

Modélisation par une voiture sans pilote de son itinéraires, de la signalisation et des obstacles en 3D. Copyright : Waymo

Ces données sont traitées par des logiciels spécifiques afin de modéliser la situation routière en 3D et la comparer avec un ensemble de données en mémoire ou reçues par internet comme la cartographie de la zone, des indications sur les obstacles du parcours ou les panneaux de signalisation répertoriés. Enfin des algorithmes d’intelligence artificielle déterminent les actions à entreprendre et les communiquent aux systèmes de contrôle adéquats comme le volant, les freins ou l’accélérateur.

Pour parvenir à un tel résultat, chaque véhicule devra non seulement embarquer une puissance informatique conséquente mais également être en permanence connecté à des bases de données recensant en temps réel les données de la circulation routière avec une grande précision. En la matière, tout reste encore à faire pour voir rouler en 2020 des voitures qui se conduisent elles-mêmes.

Des obstacles technologiques

Les infrastructures nécessaires à la généralisation de la conduite autonome complète sont désormais clairement identifiées.

Les technologies embarquées à bord des véhicules comme le lidar, un système de télédétection par laser qui peut interagir avec les très petits objets, sont maîtrisées et connaissent une miniaturisation croissante. D’ici à 2020, la puissance de calcul et de stockage des différents composants informatiques devrait encore avoir été multipliée par 4 (loi de Moore), ce qui devrait être suffisant. Avec des millions de kilomètres au compteur, les logiciels de navigation autonome démontrent jour après jour leur fiabilité et leurs concepteurs accumulent des données en vue de leur amélioration.

Si la technologie embarquée à bord des voitures est désormais quasiment prête, deux obstacles principaux restent à écarter : la cartographie en 3D et ultra détaillée des réseaux routiers et la sécurisation des systèmes contre le piratage.

Développer une cartographie routière de précision

Tout possesseur d’un système de navigation GPS sait que le réseau routier est dans son ensemble cartographié et qu’une mise à jour régulière des cartes est indispensable pour éviter les mauvaises surprises.

Si ces informations sont précieuses au conducteur humain, elles sont beaucoup trop parcellaires pour un système de conduite autonome qui a besoin de connaître sa position à quelques centimètres près et de connaître avec précision la signalisation en vigueur sur une voie même si celle-ci venait à être cachée lors de son passage.

Sécuriser les systèmes contre le piratage

Il faudra également trouver des solutions pour mieux sécuriser les systèmes contre le piratage informatique afin d’éviter que des hackers puissent prendre à distance le contrôle d’un véhicule, voire d’une flotte entière, ou qu’ils soient en mesure d’envoyer des informations erronées. Les ingénieurs vont devoir déployer des trésors d’imagination pour y parvenir et les états seront très certainement amenés à réviser leur législation sur l’encryption des données. Il s’agit toutefois d’un préalable indispensable à la généralisation de la voiture autonome dans nos sociétés.

Un cadre réglementaire à faire évoluer

La révolution apportée par la voiture autonome va entraîner une profonde mutation du cadre réglementaire de la conduite mais pas uniquement.

Les législateurs vont devoir faire cohabiter les devoirs et responsabilités des conducteurs humains et machines sur nos routes vis à vis des autres utilisateurs de la route, des passagers, des forces de l’ordre, des assurances et de toute une série de parties prenantes existantes ou nouvelles. Si la responsabilité en cas d’accident est présente dans toutes les têtes, qu’en est-il en cas d’infraction au code de la route par exemple ? Il faudra également abroger les lois sur le respect de la vie privée, déterminer comment une voiture autonome peut reconnaître un membre des forces de l’ordre, etc …

Si certaines clarification réglementaires peuvent encore attendre quelques années, il est nécessaire dès maintenant de faire la lumière sur celles qui freinent le déploiement de ces nouvelles technologies. A en croire Motor Authority, Audi aurait ainsi décidé, faute de cadre réglementaire, de ne pas proposer certaines fonctionnalités de conduite autonome de type 3 sur la nouvelle Audi A8 bien que la technologie soit prête.

La plupart des pays permettent pour l’instant uniquement l’usage de fonctions de conduite autonome de type 2 qui complètent la gamme des systèmes d’assistance à la conduite.

Goûtez dès aujourd’hui à certaines fonctions de la conduite autonome

Si vous êtes propriétaire d’un véhicule récent, en particulier s’il est haut de gamme, vous utilisez déjà au quotidien certaines fonctions de conduite autonome. Les systèmes d’assistance à la conduite comme le park assist, la détection des angles morts, la régulation des distances, le changement de voie ou l’arrêt d’urgence, sont tous des fonctions de conduite autonome de niveau 2 (sur 4) selon la NHTSA, l’agence en charge de la sécurité routière aux USA.


À propos de l'auteur

Pierre Marie Coupry

Pierre Marie Coupry

Commentaires