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Alliance Renault-Nissan, quel est le problème ?

Alliance Renault-Nissan, quel est le problème ?
04/12/2015

Comment une augmentation de la participation de l’État français dans le capital de Renault peut faire à ce point grimacer Nissan ?

La chronologie

Au mois de mai, l’État français a augmenté sa participation dans le capital de Renault pour s’établir à environ 20%. L’objectif est d’avoir des droits de vote double pour peser sur les décisions du constructeur au losange. Le problème, c’est que Nissan ne possède que 15% du capital de Renault (qui en possède inversement 44%). Ainsi Nissan a vu l’État français devenir influant dans le capital de Renault, sans pour autant que le Japonais possède un droit de vote chez le Français. Une situation qui ne plait pas au Japon. Mettons-nous à leur place : Leur constructeur Nissan est en partie contrôlé par un groupe étranger influencé par un état étranger. 

Une rupture de l’alliance est ainsi évoquée depuis plusieurs mois au Japon bien que Carlos Ghosn (qui dirige les deux constructeurs) refuse cette idée.

Mémoire courte ?

Lorsque Renault entre dans le capital de Nissan en 1999, le constructeur japonais va mal. Sauf que depuis 2005, c’est Nissan qui affiche la meilleure santé, surtout depuis 2008 et la crise qui a touché le marché européen. Si les Japonais sont reconnaissants de l’aide apportée, ils estiment aussi que Nissan a aidé à la stabilité de Renault ces dernières années, notamment grâce aux dividendes.

Une rupture est-elle possible ?

En 16 ans, Renault et Nissan ont travaillé conjointement, occasionné des transferts de technologies. La synergie va plus loin encore avec le développement de plate-formes communes. C’est ainsi qu’est né le Kadjar. Pour autant, il apparait que Renault a davantage besoin de ces technologies pour son marché européen que Nissan qui se concentre sur les USA et la Chine. Néanmoins, Nissan compte aussi sur Renault pour investir le marché russe. Un marché à fort potentiel même s’il est actuellement en crise.

La structure de l’alliance est telle qu’une rupture parait inimaginable du fait de participations croisées. Les statuts du groupe prévoient néanmoins des spécifications à chacun… même si cela génère des doublons. C'est la différence entre une alliance et une fusion.

Et s’il y avait quand même rupture ?

L’échec à peine digéré, Renault comme Nissan ne pourrait survivre sans allié. Ils devraient partir à la recherche de nouveaux partenaires et conditionner de nouvelles stratégies industrielles. Tout cela à un coût, potentiellement rédhibitoire.

Un intérêt à une fusion totale ?

Quel est le rôle de l’État dans Renault ? Il parait pour le moins flou et peut-être même le résultat d’un caprice adolescent consécutif à la perte de contrôle, plus tôt dans l’année, d’Alstom et Lafarge. L’État stratège (pour ainsi dire) a-t-il sa place dans la compétition mondiale entre constructeurs ? N'a-t-il pas autre chose à faire ? La réponse parait limpide et cela inquiète les gens de Nissan qui voient en cet interventionnisme un adversaire anachronique pour une société privée.

Restée à l’état de rumeur, la prise de contrôle de Nissan par Renault parait contreproductive tant les constructeurs sont différents, faut-il encore que le losange en ait les moyens. Rappelons aussi que dit fusion, dit suppression des doublons et que l’on ne voit pas pourquoi tous les emplois en France seraient forcément conservés. 


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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