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La fin des motorisations thermiques en 2040 en France, vraiment ?

La fin des motorisations thermiques en 2040 en France, vraiment ?
21/05/2019

Dans le cadre de la loi d’orientation des mobilités, nos députés ont voté en commission l’interdiction de la vente de voitures ne roulant qu'à l’essence, le diesel ou le gaz naturel pour 2040. Si le positionnement écologique parait ambitieux, de nombreuses questions demeurent.

En 2040, essence et diesel c’est fini ?

L’amendement soufflé par le corapporteur à la loi d’orientation des mobilités, le député LREM Jean-Luc Fugit, concerne la commercialisation des véhicules neufs qui roulent uniquement à l’essence, au diesel ou au gaz naturel. En 2040, dans 20 ans. Le député insiste sur le fait que la France est le premier pays à vouloir inscrire dans la loi cette disposition. Certains pays européens interdisent seulement le diesel à l'horizon 2025-2030 (Danemark, Allemagne, Pays-Bas...) tandis qu'il faut voir du côté des grandes villes pour une interdiction de circuler pure et simple, d'Oslo à Milan.

Cette loi a été voulue dès 2017 par l’ancien ministre de l’écologie, Nicolas Hulot. Le fait d’avoir une obligation légale imposera un contrôle des temps de passages avec un rapport tous les 5 ans rédigé par l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. L’objectif à plus long terme, comme indiqué par le président de la république, est la neutralité carbone de la France en 2050. Bon courage.

Quid de l’occasion ?

En l’état actuel du projet de loi, seuls les véhicules neufs sont concernés par la loi. Autrement dit, on pourra toujours vendre des voitures d’occasion qui fonctionnent à l’essence, au diesel ou au gaz naturel même s’il y a fort à parier que d’ici là, l’offre devrait s‘appauvrir. Par extension, on suppose que les véhicules de collection (plus de 30 ans) auront toujours le droit d’être vendus et revendus. Par conséquent, au 1er janvier 2040, il y aura toujours des voitures à motorisation 100% thermiques en circulation et en toute légalité. Peut-être pas en centre-ville mais c’est un autre débat.

En quoi roulera-t-on ?

Difficile de se projeter dans 20 ans. Pour autant, les tendances actuelles du marché laissent augurer une part croissante de l’électrique au détriment du thermique. Il s’agit là d’une volonté de nos politiques, à grands renforts d'aides fiscales. Pour autant, hybridation légère et avancées des modèles PHEV laissent augurer que les voitures hybrides pourraient plus largement s’imposer. Clae peut apparaitre comme plus souhaitable car il est compliqué aujourd’hui d’envisager une majorité de voitures électriques dans le parc automobile français et de se dire qu’un nombre croissant se mettra en charge entre 19 et 20 heures tous les soirs. L’avenir roulera-t-il avec l’électricité produite par de nouvelles centrales nucléaires ou doit-on compter sur le parc éolien en mer attendu depuis 15 ans ?

Les constructeurs européens auront-ils le temps de s’adapter ?

Entre les normes européennes d’émissions de CO2 voulues pour 2030 (59 g/km en moyenne sur la gamme) et la volonté de nombreux pays de bannir le carburant fossile, les constructeurs ont vu le vent tourner depuis quelques années (diesel gate). L’hybridation devrait être une solution largement employée tandis que les gammes électriques seront élargies et rencontreront de plus en plus de succès au fil des années (quitte à supprimer le segment des citadines ?). Néanmoins, le point de départ est celui-ci : En 2018, les ventes de voitures électriques neuves représentaient 1,43% du marché national. 4,89% pour l’hybride et toujours 93.68% pour les énergies fossiles !

Et si les entreprises arrivent à orienter leurs productions en fonction de la législation, il semble que ce délai de 20 ans soit assez hypocrite dans un pays où l’argent publique est incroyablement gaspillé au nom de la transition écologique sans queue ni tête.

La Chine a gagné ?

En souhaitant que l’automobiliste français passe à l’électrique, nos dirigeants ouvrent nos portes à l’industrie automobile chinoise aux dépends des marques européennes. Leur position dominatrice souffrira du retard mécanique comblé (et même dépassé ?) par les marques chinoises tout en devenant dépendant d’un pays qui s’est placé depuis plusieurs année en pointe sur les questions des batteries et d’extraction de matières nécessaires, les terres rares. À moins que « l’Airbus de la batterie » souhaité par la France et l’Allemagne n’aboutisse à quelque-chose de grand

Illustration : Gamme Renault


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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