Blog auto > Actualités > La moitié des radars de France hors service

La moitié des radars de France hors service

La moitié des radars de France hors service
12/12/2018

Vous l’avez peut-être remarqué, se faire contrôler par un radar automatique est devenu plus compliqué ces derniers temps. En effet, la moitié des installations de France auraient souffert de dégradations en marge du mouvement des gilets jaunes. Du simple bâchage à la destruction pure et simple. Si le caractère défouloir est évident, la note risque d’être salée.

En France on a des radars, plein de radars ! 3 275 pour ce qui est du contrôle automatique de vitesse, ce qui en fait une trentaine par département. Sauf que près de la moitié d’entre eux ne sont aujourd’hui plus en capacité opérationnelle. Il est même indiqué par Europe 1 que dans certains départements, la quasi-totalité des radars seraient hors service, comme dans le Puy-de-Dôme, pour un total de 1 500 actes de vandalisme. Un chiffre qui n’est néanmoins pas confirmé par les services de l’état, parait-il pour éviter d’encourager le mouvement.

250 radars incendiés.

Le mouvement des gilets jaunes a sonné le glas de centaines de cabines à travers le pays. Si 250 ont été incendiées et d’autres « déracinées », de nombreux radars ont été dégradés ou rendus inopérants par des jets de pierre, des coups de masse, de la peinture, enrobés de cellophane ou même déguisés en paquets cadeau comme il se voit désormais. Soyons francs, la croissance des dégradations de radars remonte à l’été dernier. Lors de l’entrée en vigueur du 80 km/h. Convenons aussi, qu’il y a toujours eu des radars cabossés depuis la généralisation de cabines à compter de 2003.

Lourde sera la facture.

Par les besoins de remplacement ou de réparation, le contribuable va être fort logiquement mis à contribution. Et pas qu’un peu ! Pour l’année 2013, année au climat social à peu près normal, l’association 40 Millions d’Automobilistes avait chiffré les dégradations sur les radars à 23,63 millions d’euros. Et si 1 500 radars ne sont pas à changer, notez que l’implantation d’une nouvelle cabine coûte 70 000 euros au contribuable. Le moindre déplacement d’entretien est facturé un minimum de 500 euros. 

Sortons notre calculette : 250 radars à remplacer à 70 000 euros pièce : 17 500 000 euros. Ajoutons un minimum de 500 euros de frais de réparation pour chacun des 1 250 autres (625 000 euros), on arrive à une facture d’au moins 18 125 000 euros rien que pour les dernières semaines. S’ajoutent le manque à gagner en contraventions. Si l’on considère une moyenne 40 flashs quotidien par engin sur une période de deux semaines (moyenne basse), cela fait 840 000 contraventions manquantes que l’on multiplie par le « premier prix » des amendes pour excès de vitesse qui est de 68 euros (excès de vitesse de moins de 20 km/h hors agglomération). Soit 57 120 000 euros en moins pour un total très minimal de l’ordre de 75 millions d’euros.

Que risque-t-on à détruire à un radar ?

En août dernier, Le Figaro a fait état d’une étonnante décision de justice pour une personne qui avait bâché un radar avec un sac poubelle. Son avocat a obtenu la relaxe du tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan car au sens strict de la loi, la cabine de contrôle automatique n’était pas « mise hors d’usage », ni « empêchée d’effectuer son travail ». La jurisprudence devrait s’appliquer sur les radars « paquets cadeaux » que l’on voit. Pour les inscriptions en peinture ou tout autre dommage léger, le risque est une amende de 3 750 euros ainsi qu’une peine de travail d’intérêt général. Par contre, si destruction il y a eu, la sanction peut aller jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. Et même 100 000 euros d’amende et 7 ans de prison si l’acte a été commis en dissimulant son visage (article 322-3 du code pénal). Ceci dit, un article de La Dépêche du 27 novembre rapporte que 3 jeunes gens ont écopé de 3 mois avec sursis, 105 heures de TIG et de l’obligation d’indemniser la Direction Départementale des Territoires du Tarn-et-Garonne (82) pour avoir incendiés les radars automatiques de Saint-Jory et Pompignan. La théorie et la pratique...

Illustration : France 3 Régions


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

Commentaires