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La répression par les radars s'essouffle (mais rapporte !)

La répression par les radars s'essouffle (mais rapporte !)
11/10/2016

+30,4%, voici la forte hausse de la mortalité routière en septembre 2016. Le chiffre fait peur en dépit d'un certain cynisme statistique ! L’occasion de souligner une nouvelle fois la nullité de la politique de sécurité routière en France, basée uniquement sur la radars.

À s’accaparer l’intégralité des succès des baromètres de la mortalité routière lorsqu’ils sont orientés au vert, il parait logique de reprocher à nos gouvernants leurs échecs lorsqu'ils tournent au rouge. En ce sens, l’augmentation de 30,4% de la mortalité routière en septembre 2016 par rapport à septembre 2015 est un camouflé de plus. Pour autant, une telle augmentation statistique doit être pondérée. Le mois de septembre 2015 avait été particulièrement flatteur au regard des mois de septembre précédents, avec 257 victimes (météo très humide, innondations...). Après tout, le mois de septembre 2016 est le quatrième meilleur mois de septembre depuis l’établissement de cette sinistre comptabilité.

- 335 morts en septembre 2016.

- 257 morts en septembre 2015.

- 316 morts en septembre 2014.

- 308 morts en septembre 2013.

- 341 morts en septembre 2012.

- 351 morts en septembre 2011.

- 357 morts en septembre 2010.

Le plafonnement de la stratégie des radars automatiques

Reconnaissons que depuis le déploiement des radars automatiques dans les années 2003-2004, la mortalité routière a largement baissé. De 7 655 tués (à 30 jours) en 2002 à 3 461 (également à 30 jours) en 2015. Pour autant, il semble apparaître une phase plateau depuis 2013 avec une reprise de la mortalité annuelle en 2014, en 2015 et vraisemblablement cette année. Comment cela se fait-il ? Il y a de toute évidence plusieurs raisons à cela. Citons l’augmentation du trafic routier, la banalisation et la connaissance de la disposition du réseau de radars aidés par les avertisseurs de toutes sortes et peut être aussi un laisser-aller des automobilistes favorisé par des carburants moins onéreux. 

Statistiquement, (selon l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière ou ONISR), il apparait que la vitesse excessive ou inadaptée est la cause principale de 26% des accidents mortels. Sous-entendu que 74% des accidents mortels n’ont pas de rapport direct avec la vitesse. L’alcool et les stupéfiants sont responsables de respectivement 19% et 13% des accidents mortels. Tout en pensant bien qu’il y a des cumuls du type vitesse excessive + alcool + stupéfiants. Et de se demander déjà ce qu’il est fait pour lutter contre ça. Je ne sais pas vous, mais cela fait des années que je n’ai pas été contrôlé au volant, il faut dire que la police a d’autres chats à fouetter… Par contre des radars, j’en croise une demi-douzaine par jour. Au bas mot.

L’état de nos routes

Restent que 42% des tués de la route ne sont liés, ni à la vitesse inadaptée ou excessive, ni à l’alcool, ni aux stupéfiants. À l’échelle de la mortalité de 2015, on parle ici de 1 453 personnes ! Quelles sont les raisons ? Le non respect du code de la route (téléphone, refus de priorité, circulation en sens unique, choc avec des piétons, des cyclistes…) mais aussi l’état de la chaussée. Je ne suis certainement pas tout seul à estimer que l’état de nos routes s’est considérablement dégradé : Une signalisation perfectible, un marquage au sol parfois dangereux, parfois inapproprié, élagage des bas côtés complexifiant la visibilité et profusion des nids de poule pour ne citer que ça !

Autant de facteurs d’accidents qui ne sont plus pris en compte depuis 2004 dans le Bulletin d’Analyse des Accidents Corporels (BAAC), rapport de 60 éléments censé détailler les circonstances d’un accident*. De quoi se retrouver à un carrefour des missions régaliennes de l’État et des prérogatives des diverses structures (région, conseils départementaux, collectivités territoriales…). Le nerf de la guerre, l’argent ! Il semble évident que l’entretien et l’amélioration des routes nationales et départementales n'est plus une priorité. C’est dommage, c’est là qu’on se tue le plus !

Quelle réponse ?

Rassurez-vous, l’État veille et prévoit 150 radars de plus sur nos routes en 2017 ! 100 de plus en 2018 ! Sachant que 4 450 sont déjà en activité... Il semblait que les sommes collectées devaient servir à financer l’amélioration du réseau. Pour la seule année 2015, ils ont rapportés 789 millions d’euros à l’État. Pourtant, année après année, la Cour des Comptes soulignent les irrégularités de cette manne. Elle a par exemple noté qu’en 2015, 32% des recettes du CAS Radars (Compte d’Affectation Spéciale destiné aux financements des opérations liées aux transports ou la sécurité routière) sont allées au désendettement tandis qu’il semble impossible d’établir ce que font les collectivités de leur part qui fut en 2015 de 667 millions d’euros (cumul radars + amendes routières).

Résumons la situation, la mortalité routière n’est combattue que par les radars, les recettes générées sont affectées au désendettement, quand on sait où elles vont.

* Selon un article du magazine Challenges


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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