Blog auto > Actualités > Signaler un radar : La loi, la morale et l’entraide

Signaler un radar : La loi, la morale et l’entraide

Signaler un radar : La loi, la morale et l’entraide
07/09/2016

Au terme d’une longue procédure juridique, la cour de cassation a tranché : Rien dans le code de la route n’interdit le fait d’informer ou de localiser les radars. Un vide juridique qui permet à un groupe d’Aveyronnais de ne pas être condamné pour avoir partagé ces informations sur un groupe Facebook.

Les uns parlent de partager l’information et que rien ne doit entraver cela. Les autres parlent de camouflet pour la justice, d’un mépris du travail de la Prévention Routière et des forces de l’ordre. Le fait est que la cour de cassation (plus haute juridiction française) est limpide sur le sujet. On a le droit de créer une page Facebook pour signaler, dans son département ou sa région, la présence de contrôles de vitesse sur le bas côté des routes.

Concrètement, la décision de justice s’appuie sur l’absence de disposition dans le code de la route ou ailleurs. Il est bien interdit de dégrader un radar, pas de signaler là où il est. La nouvelle est perçue par beaucoup comme une revanche des automobilistes sur le pouvoir qui ne semble les considérer uniquement que comme des vaches à lait (difficile de leur donner tord). Derrière le volet économique du système des radars, le discours de la Prévention Routière peut être entendu. Pour autant, l’important est-il de constater des infractions et dresser des PV ? Ou que les gens roulent moins vite, quitte à ce que ça ne rapporte rien ? Le débat semble cerné par l’hypocrisie.

Question morale ?

Si la loi est globalement basée sur la morale, il existe des zones de la moralité qui échappent à la loi, tout du moins chez nous. En France, tromper sa femme ou son mari est immoral mais c'est totalement légal ! On peut considérer que signaler un radar entre dans ce genre de considération. L’information est bien accueilli par l’automobiliste aux dépends des forces du bas côté que l’on considère dans la situation des cocus. Le législateur doit-il s’évertuer à légiférer sur toutes les questions morales ? Notre société de plus en plus assistée tend à le laisser penser au détriment de la responsabilité individuelle. Et puis, à la petite échelle d’une page Facebook, les Aveyronnais incriminés ne faisaient que reproduire ce que font bien des assistants de conduite. Et de nous souvenir que le pouvoir avait déjà tenté de les faire interdire pour finalement aboutir à ce qui est appelé « les zones de danger ».

Et l’entraide dans tout ça ?

Ne soyons pas naïfs, en signalant la présence des radars mobiles, les Aveyronnais relaxés s’adressent à une population qui a naturellement le pied lourd. Quel intérêt de se voir signaler les radars si l’on respecte les limitations de vitesse, hein ?! Un système d’entraide supposé pour des comportements illégaux que le juge a préféré voir comme un appel de phares (qui reste également légal), version 2016.

Certains me répondront que les radars ont permis de faire baisser le nombre de morts sur les routes. C’est vrai, mais les radars ne sont pas les seuls responsables (amélioration du réseau, larges progrès des sécurités actives et passives du parc automobile, responsabilisation des conducteurs…). À bien y réfléchir, des appels de phares ont le même effet pédagogique de faire ralentir tout en cultivant l’entre-aide, au moins de manière temporaire. Policiers et gendarmes n’ont-ils pas autre chose à faire, État d’urgence ou pas ?


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

Commentaires