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La toute première!

La toute première!
02/04/2014

Ma première…

Voici un nouveau témoignage d’un membre de l’équipe sur sa première auto, souvent celle qui marque le plus…

On se souvient tous de sa première auto. La mienne, je l’ai attendue longtemps… Mon carton rose en poche, j’ai fait avec les moyens du bord pendant 5 ans, en empruntant des voitures à droite, à gauche, à mes parents, notamment (qu’ils en soient remerciés). Et puis, j’habitais Paris, endroit inhospitalier s’il en est pour les automobilistes quels qu’ils soient, et abondamment doté en réseaux de transport collectifs. Donc, on s’en sortait…

Et puis je n’avais pas un sou à mettre dans une auto, jeune étudiant fauché que j’étais, ce qui n’aide pas à s’insérer dans le parc automobile français, fort prosaïquement. Bref, même si j’adorais les bagnoles, j’étais piéton.

Quand un beau jour de 2005 se présenta à moi une occasion impossible à refuser. La sœur d’un pote donnait sa voiture. Etonnante prodigalité de sa part, sauf qu’il y avait un hic. Il fallait aller chercher ce véhicule. Loin. A la Haye, précisément, là où ladite sœur officiait au TPI.

Mais on n’allait pas se laisser arrêter par une bête contingence matérielle… Impossible de laisser filer une si belle affaire. Me voilà donc parti, la fleur au fusil, d’abord en TGV pour Lille, avant qu’un ami compatissant ne vienne me récupérer à la Gare Lille Flandres, pour m’emmener en Hollande avec sa fringante Seat Ibiza. Naïfs que nous étions, et moins cernés par la technologie GPS qu’aujourd’hui, nous avions imprimé tout l’itinéraire sur des plans Mappy, que nous devions scrupuleusement suivre à la trace.

Très étonnamment, 3 frontières plus loin, nous n’étions toujours pas perdus, et je me suis retrouvé nez à nez avec celle qui allait devenir mienne, poussiéreux véhicule stationné dans une ruelle sombre le long d’un canal hollandais.

Quelques paperasses signées plus tard, me voilà fébrile, avec en poche les clés de ma monture… Il est temps que je vous la décrive en détails. Née en 1994, avec 160 000 et quelques kilomètres au compteur, elle n’était pas bien fringante, après 11 ans de vie urbaine francilienne puis néerlandaise. Ses enjoliveurs s’étaient faits la malle depuis longtemps, sa portière passager portait les stigmates d’une tentative d’effraction ratée, et sa carrosserie verte s’ornait d’un nombre incalculable de rayures, bosses et autres enfoncements. Qu’importe, pour moi, c’était la plus belle, puisque c’était la mienne. Et on me la donnait avec le plein, ce qui ajoutait à ses charmes !

Vous n’en pouvez plus de savoir de quel modèle il s’agit, je vais satisfaire à votre curiosité. Le fleuron de Billancourt, le summum de la high tech accessible des années 90, la citadine de référence… Une magnifique Clio verte. Pas n’importe laquelle, une 1.8 RT (le haut de gamme une décennie avant, à peine sous la Baccara), avec le fameux moteur F7N réputé pour sa propension à avaler les litres de sans plomb au même rythme qu’Amy Winehouse enchainait les rails de coke… Elle était dotée du top des équipements disponibles 15 ans auparavant, notamment un sublime autoradio K7 autoreverse avec la commande à satellite chère à Renault (et quelques touches en moins), de voluptueux sièges « pétale » en velours de notable, et une télécommande de verrouillage central qui fonctionnait facilement à 50 cm de distance de la serrure. Mais pas sur toutes les portes ;) En revanche, nulle trace de clim, d’ABS, voire d’airbags sur cette voiture… Déjà ce n’était pas très répandu en 94, et en plus, le vrai pilote a-t-il besoin de ces vains artifices pour maitriser et apprécier sa monture ? Non assurément…

Contre toute attente, les 800 kms de retour de la Haye à Paris (dans la même journée…) se sont déroulés sans encombre, toujours à l’aide des fameux plans Mappy imprimés en nombre… Vers 2 heures du matin, j’étais de retour, l’expédition était un succès.

Contre toute attente encore, cette chère Clio gratuite a obtenu son contrôle technique auprès d’un centre peu regardant de Boulogne Billancourt sans contre-visite, et j’ai pu la ré-immatriculer sans bourse délier…

Et je l’ai gardée deux ans, sans jamais m’occuper le moins du monde de son entretien, ni changer un pneu, ni rajouter un centilitre de liquide de refroidissement ou d’huile… Elle n’est jamais tombé en panne, a toujours été extrêmement fidèle malgré le manque coupable de soins et d’entretien que je lui prodiguais…

Une fois seulement, le voyant de température d’eau s’est allumé dans la longue côte de la N118… J’avais une bouteille de San Pellegrino dans le coffre, ça a fait office d’appoint, et elle a pétillé pour les 20 000 kms suivants, sans une plainte, ni aucun autre dysfonctionnement…

Je lui ai tout fait subir et elle a tout supporté. Quelques exemples… En 2 ans, elle n’a jamais eu un plein complet, mais était alimentée par tranches de 10 litres, en fonction de mes liquidités. Elle m’a emmené très loin en vacances toutes vitres ouvertes… Elle a transporté jusqu’à 8 personnes en même temps, ce qui est trop assurément… Et malgré des modalités de stationnement aléatoires, elle n’a jamais pris un PV. Et ne m’a jamais couté un point, malgré de nombreux écarts de jeunesse.

Je l’aimais bien, cette petite auto. Et elle attirait une vraie sympathie dans mon entourage, potentiellement parce que j’étais le seul de mes potes parisiens à avoir une bagnole, ce qui rend toujours plus attractif une fois le dernier métro passé, ou quand il faut aller chez Ikea J

Et puis la vie d’étudiant a touché à sa fin, et j’ai trouvé un premier boulot. Dans le secteur automobile. Avec une voiture de fonction dans le package. Moderne, gris métallisée, avec toutes les assistances qu’on juge indispensables. Comme les phares qui s’allument tout seul, au cas où tu ne te rendes pas compte qu’il fait noir.

Bref, ma Clio verte faisait double emploi, sa période de validité de CT arrivait à son terme (et j’étais relativement sûr qu’elle ne le repasserait pas), et puis malgré mon goût du gymkhana, 2 voitures à stationner dans la rue quand on habite dans le centre de la capitale, c’est au moins une de trop.

Il fallait qu’elle s’en aille ! Comme vendre un truc qu’on m’a donné, ça me semblait peu logique, je l’ai donnée à mon tour, au frère d’un pote. Contre bons soins. Avec 40 000 bornes et quelques bosses en plus. Aux dernières nouvelles, elle existerait encore…

Et c’est pour ce genre d’histoires que j’aime bien les voitures 


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