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À qui profite le déclin du diesel en France ?

À qui profite le déclin du diesel en France ?
04/01/2019

2 173 481 voitures neuves ont été immatriculées en 2018 en France, soit une progression de 2,97% par rapport à 2017 en dépit d’une fin d’année délicate. Ce qu’il apparait du bilan 2018, c’est la confirmation du déclin du diesel dont la part de marché est passée sous la barre des 40%. Question, à qui cela profite-t-il ?

Il ne fait aucun doute que le mouvement de gilets jaunes contrarie grandement la croissance économique française. Un exemple parmi d’autres, les immatriculations de véhicules neufs en décembre 2018 : -14,5% par rapport à décembre 2017 ! Disons que cela compense le +40% des immatriculations en août dernier du fait du changement de norme. Le +2,97% pour l’année 2018 est plutôt une bonne photographie du marché national même si la vigilance semble de rigueur avec un quatrième mois consécutif de baisse.

Le paysage automobile français se modifie

De ces 2,17 millions de véhicules neufs immatriculés en 2018, il apparait que les motorisations diesel souffrent d’une grande désaffection. Représentant pour la première fois (depuis des lustres) moins de 50% de part de marché en 2017 (à 47,3%), cette pdm se situe à 38,87% en 2018. Rappelons qu’en 2012, il y a seulement 6 ans, le diesel s’adjugeait près de 75% des ventes dans le pays ! Les motorisations essence s’adjugent ainsi 54,67% des volumes de ventes tandis le cumul électriques + hybrides s’établit à 6,32% (respectivement 1,43 + 4,89). Diesel Gate oblige, les moteurs au gazole ont mauvaise presse. Certains politiques vont jusqu’à y voir l’alpha et l’oméga de la pollution dans les villes. Le fait est que des années durant, les Français ont trop acheté diesel. Même pour rouler 10 000 km par an en milieu urbain. Ils étaient largement encouragés par les constructeurs comme les pouvoirs publics avec une fiscalité au litre moins sévère. Pour autant, le diesel reste une solution pertinente pour de gros rouleurs.

Qui profite de la chute du diesel ?

À en lire les bilans des constructeurs, ce sont les Français Renault et PSA Groupe qui ont profité de la chute du diesel. Les mêmes qui ont largement contribué à le populariser jadis. Si l’on considère Dacia comme une marque française (Sandero et Duster), les 12 voitures les plus vendues en 2018 sont tricolores, Clio, 208 et 3008 en tête. La première véritable étrangère est la Polo qui devance de peu la Yaris. Renault (+2,5%) bien aidé par Dacia (+19,1% et qui reste numéro auprès des particuliers), Peugeot (+6,2%) et même Citroën (6,2% aussi) sortent ainsi comme les grands gagnants de l’année 2018. À noter le +12,6% pour DS et les 1 156 Alpine vendues en 2018 dont 154 rien qu’en décembre. Globalement, les Français s'offre un gain moyen de +8,32% sur l’année. Peut-être évènement par ailleurs, Peugeot ravit d'un souffle la place de numéro 1 auprès des entreprises à Renault.

2019 étant une année où l'offre de citadines et de compactes sera largement renouvelée, ces chiffres pourraient être largement rebattus l'année prochaine.

Qui a souffert en 2018 ?

Face à la croissance des marques tricolores, la baisse globale de 3,44% des constructeurs étrangers fait tâche. Néanmoins des constructeurs comme Hyundai-Kia (+16,5%), Fiat (+14,7%) ou Toyota (+9,7%) s’en sortent très bien. Tout l’inverse de Ford qui limite la casse à -2,1% tandis que Nissan décroche de 16,6%. Les Allemands et le secteur premium plus généralement (qui ne représente plus que 6% du marché VP en France) ont également souffert. Ainsi le groupe Volkswagen dévisse de 1,1% bien que soutenu par l’excellente forme de Seat et Skoda (constructeurs en pleine offensive produit) face aux -21,5% de Audi et -16,3% de Porsche ! Chez BMW et Mercedes, c’est respectivement -6,2% et -3,2% ! Et si Daimler on ne peut qu’acter les -8,8% de Smart, on peut au moins se dire chez BMW que MINI progresse de 3,6% et que Rolls-Royce fait +100% en passant de 8 modèles vendus en 2017 à 16 en 2018 ! Le tout dans un marché où berline et SUV cumulent 86% des ventes.

Les électriques et hybrides en profitent un peu ?

Face au déclin inexorable du diesel, les motorisations électriques et hybrides sont-elles parvenues à tirer leurs épingles du jeu ? Dans un contexte d’offre encore insuffisante, de problématique de pouvoir d’achat mais aussi de prime à la conversion l’année, 2018 affiche un bilan presque décevant. En effet, les ventes de voitures ont progressé de près de 25% l’année dernière avec par ailleurs un record mensuel 4 434 immatriculations en décembre sur un total de 31 059, soit 1,43% de part de marché. De quoi néanmoins alimenter un marché de l’occasion électrique qui manque d'offres. Prenons les paris, l’année 2019 marquera une progression plus importante pour le segment avec l’arrivée d’un certain nombre de nouveautés (Tesla Model 3, Porsche Taycan, DS3 Crossback E-Tense, Audi e-tron, Mercedes EQC, MINI électrique...), afin d’offrir davantage de concurrence à la Renault ZOE (pour ainsi dire) qui représente à elle seule plus d’une vente sur deux (17 038 ex, 54,9%). Ce qui en fait au passage la 30e voiture la plus vendue dans le pays. C’est mieux que la Fiat Tipo, la Nissan Micra ou encore le Seat Ateca.

Représentant désormais près de 5% du marché (4,89%), les motorisations hybrides représentent la première alternative au 100% thermique. 106 366 modèles ont ainsi été immatriculés, dont 14 528 hybrides rechargeables. Gageons là-aussi qu’avec la généralisation de la technologie mild-hybrid, ce chiffre devrait connaître une forte croissance à court terme.

Source : CCFA


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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