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Toujours plus de campagnes de rappel, pourquoi ?

Toujours plus de campagnes de rappel, pourquoi ?
26/01/2016

S’il n’y a pas d’étude à l’échelle mondiale, il semble bien que 2015 soit une nouvelle année record pour les campagnes de rappel pour des pièces défectueuses. Une question se pose. Pourquoi ?

La NHTSA a publié son bilan pour l’année 2015. L’autorité américaine des transports indique que 868 campagnes de rappel ont eu lieu en 2015 sur sa juridiction. Elles concernent pas moins de 51,26 millions de véhicules. C’est davantage encore que 2014, année déjà record (50,99 millions de rappel). Pour se rendre compte à quel point ces chiffres sont énormes, mettons les en rapport avec le bilan américain des ventes de 2015 : 17,5 millions de véhicules. Résumons cela à un rapport d'une voiture vendue aux États-Unis en 2015 pour 3 rappelées.

Des chiffres ahurissants qui s’expliquent en partie par d’immenses affaires comme les airbags défectueux de l’équipementier Takata ou encore les barillets de démarrage défectueux chez General Motors. Les États-Unis ne sont pas les seuls dans cette situation. Le journal Les Échos fait état d’une augmentation 26% des campagnes de rappel en Chine pour la seule année dernière pour un total de 5,54 millions de véhicules. En France, plus d’un million de véhicules ont fait l’objet d’un retour à l’usine (ou en concession) sur les 11 premiers mois de l’année 2015. Les défauts des airbags Takata représentent à eux-seuls presque 40% du total en additionnant les Toyota 290 000 Yaris, Avensis, RAV4..., les 101 000 BMW Serie 3 et les 33 000 Honda. Des opérations systématiquement à la charge du constructeur.

Rappeler dès qu’il y a un doute, même infime.

Toujours plus nombreuses et onéreuses, les campagnes de rappel des constructeurs sont symptomatiques de l’industrie automobile d’aujourd’hui. Elles traduisent la nécessité de partager un maximum de pièces sur plusieurs modèles nés de la multiplication des segments et de l'importance toujours plus croissante de l’électronique embarqué. Sauf que lorsqu'un pièce a un défaut, elle concerne plusieurs modèles, parfois plusieurs marques et sur plusieurs continents. Pour autant, une campagne de rappel ne signifie pas toujours qu’un véhicule est dangereux sans que le constructeur s’en soit rendu compte en le produisant. Si l’affaire Takata fait beaucoup parler, des campagnes de rappel peuvent aussi concerner des petits défauts comme un « éventuel » soucis de fixation des sièges de la troisième rangée du Grand Kangoo II (décembre 2015), un problème de surchauffe de la commande des vitres électriques chez Toyota (octobre 2015) ou encore une anomalie de fonctionnement du kit main-libre sur le Suzuki SX4 S-Cross (août 2015). Dans tous les cas, cela ne veut pas nécessairement dire que tous les véhicules concernés ont un défaut identifié. Le conditionnel est souvent de rigueur et les constructeurs préfèrent vérifier. Par exemple, des 146 000 Clio IV qui furent rappelées en 2015 pour un « risque d’agression de la canalisation souple de frein avant par l’écran de passage de roue », moins de 0,5% méritaient effectivement correction, soit moins de 730 véhicules (tout de même).

Un gouffre financier

Les constructeurs préfèrent être à l’initiative des campagnes de rappel, même s’il y a un infime doute, plutôt que s’exposer à des poursuites. General Motors a payé une amende record de 900 millions de dollars (831M€) pour ne pas aller plus loin dans l’affaire des barillets d’allumage. Pour autant, les campagnes de rappel ont un coût. Immense parfois comme les 761 millions de dollars (703M€) publié par Fiat Chrysler Automobiles au cours de l’année 2015. Si vous vous posez la question, Volkswagen n’a pas encore démarré ses campagnes de rappel dans le cadre du Diesel Gate, mais aurait d’ores et déjà provisionné quelques 6,7 milliards d’euros !

Avec Worldcarfans et Les Échos


À propos de l'auteur

Benjamin Philippe

Benjamin Philippe

L'auto, c'est une passion, ma passion ! Rédacteur du blog Autosphere, je partagerai avec vous l'actualité automobile, vous ferai rencontrer nos métiers. Une expérience automobile enrichie, c'est un partage ! Faîtes moi part de vos histoires, nous les mettrons en valeur ! La voiture de mes rêves ? Celle pour y loger toute ma famille et mon labrador ou celle purement égoïste ?

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