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Tsuru, que Dios guie su camino!

Tsuru, que Dios guie su camino!
07/04/2014

Commençons avec ce papier une nouvelle série sur les étonnantes voitures du bout du monde… On essaiera de vous y faire connaitre des modèles qu’on ne rencontre pas en France et qui sont typiques d’un marché spécifique… Croisées au gré de nos voyages, ces autos vous montreront que l’uniformité n’est pas (encore) la règle, et qu’on trouve de vraies originalités en ouvrant l’œil !

La 1ère escale de cette série va nous emmener au Mexique, un pays où j’ai eu la chance de résider il y a une dizaine d’années.

Dans l’image populaire, on croit toujours que le modèle emblématique de ce pays, c’est la Coccinelle, ou Vocho comme on l’appelle là-bas. Et bien non ! Même si elle y a été produite jusqu’en 2003 (contre 1980 en Allemagne), la Coccinelle n’est plus si populaire sur les routes mexicaines. Il reste bien quelques taxis à Mexico City, mais la grande majorité du parc roulant finit de rouiller au milieu des agaves.

Non, la vraie voiture mexicaine, c’est la Nissan Tsuru. Si vous n’avez jamais entendu ce nom, c’est normal. C’est, très étonnamment dans une industrie automobile globalisée et standardisée, un produit complètement spécifique au Mexique, et à quelques pays limitrophes.

Esthétiquement, ça ne ressemble … à rien. Ou plutôt si, à une petite berline tricorps des années 80, type Renault 9 ou VW Jetta. Ce modèle est le fruit du recyclage d’une très vieille génération de Sunny/ Sentra des années 80, dont la fabrication a été lancée au Mexique en 1987, elle a subi après cela un restylage en 1991 pour adoucir les angles… Et depuis RIEN. Aucune évolution. A l’heure de cet article, le modèle est toujours au catalogue mexicain de Nissan (où il détonne un peu), et il a été produit à presque 2 millions d’unités, pour ce seul marché.

Même si ces dernières années, son succès décline, ce modèle a été leader de très loin du marché mexicain pendant toutes les années 90 (et le début des années 2000).

Mais qu’est-ce qu’ils lui trouvent ?

Bonne question… C’est vrai qu’objectivement, la Tsuru est vilaine, extrêmement dépassée techniquement, et pour dire cela pudiquement, je n’aimerais pas avoir un accident avec… Pas d’airbag, pas d’ABS, ne parlons même pas d’ESP…

J’ai eu la chance d’en conduire une. Pour rester neutre, disons que ce n’est pas captivant. Le moteur 1.6 essence 105 ch marche assez bien dans cette caisse légère. Hormis cela, c’est comme conduire une auto d’il y a 20 ans, ça tangue, ça glisse, ça ne freine pas trop. Celle que j’avais conduite avait une BVA à 3 vitesses qui donnait l’impression d’être en surrégime intense dès qu’on dépasse les 70 kms. On frôle le sublime.

Mais elle a quand même des qualités indéniables. Déjà, elle ne consomme rien. Ce qui n’est pas courant. Ensuite, elle ne coûte pas bien cher, environ 10 000€ pour un modèle du segment M1 (même si les chaines de prod doivent être largement, mais alors très largement amorties !). Mais surtout, elle est d’une fiabilité incroyable.

Tous les taxis mexicains (et la police, et les organismes d’Etat…) roulent en Tsuru. Et ils en sont tous amoureux. La qualité de fabrication japonaise des années 80 très largement fiabilisée en 25 ans de production fait que même avec l’entretien le plus indigent, les 200 000 kms en Tsuru relèvent du rodage. Certains taxis assurent avoir parcouru 500 000 kms juste en faisant des vidanges et en changeant les plaquettes. J’aurais tendance à les croire…

Etonnant grand écart que celui de Nissan qui dispose à son catalogue à la fois des Leafs et GT-R et de cette vieillerie ultime. Dans un élan de rationalisation de l’offre dans l’Alliance Renault-Nissan, elle devrait finir par céder sa place à une déclinaison locale de Logan.

Un choix logique globalement, mais qui laissera orpheline toute une nation !

Au Sud du Rio Grande, la Tsuru a accédé au statut d’icône, surprenant pour une voiture aussi fade à l’origine. Que Dios guie su camino !


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